Le maître de la fête (Jean 2.1-11)

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La vie est faite d’épreuves. Lorsque les difficultés, la maladie, ou le deuil nous touchent, la Bible nous promet que Dieu est là, comme toujours. Mais que fait Dieu exactement ?

C’est la question que les Hébreux se posaient peut-être, pendant tout ce temps où ils étaient esclave Égypte. Avant que Dieu n’envoie Moïse, plusieurs générations ont subi l’oppression des Égyptiens. Le texte biblique précise que Dieu a entendu leur cri. Il n’est donc pas insensible, au contraire, il leur envoie un homme au moment choisi. Il leur envoie Moïse pour être le porte-parole de Dieu, qui va délivrer le peuple.

Ce même peuple, au fil des siècles, connaîtra bien des difficultés. Des difficultés internes, par exemple leurs fautes, leur péché. Mais aussi des difficultés externes, notamment à cause de leurs ennemis. Dieu continuera d’envoyer des hommes et des femmes pour les ramener vers Dieu et pour les soulager de l’oppression ennemie.

Mais après le prophète Malachie, Dieu est resté près de 4 siècles sans envoyer qui que ce soit. En tout cas, sans envoyer un prophète à la manière des prophètes de l’Ancien Testament.

Pendant ces 4 siècles, le peuple était en position de faiblesse, ils ont été dispersés et dominés par des empires, dont l’Empire romain.

Ces 4 siècles sans intervention manifeste de Dieu nous rappellent les années où le peuple était esclave en Égypte. Tout à coup, après plusieurs générations, Dieu envoie enfin quelqu’un.

Sous l’Empire romain, Dieu envoie le prophète Jean-Baptiste qui prépare la venue de Jésus-Christ.

Lorsque Jésus commence son ministère, le peuple était comme affamé. Affamé de la Parole de Dieu. Lorsque Jésus regardait la foule, il était triste, car c’est comme s’il voyait des brebis sans berger.

Le peuple était dominé par les Romains et délaissé spirituellement par les responsables religieux.

On sait aussi que parmi e peuple d’Israël, il y a des malades, des infirmes, des lépreux et même des personnes possédées par des démons.

C’est dans ce contexte que Jésus arrive, un contexte où le peuple de Dieu est fatigué et chargé.

Si aujourd’hui vous êtes fatigués et chargés, vous êtes dans la même situation que le peuple de Dieu à l’époque. Qu’est-ce que Jésus apporte en venant dans le monde ? Quelle est la première chose que Jésus va faire au tout début de son ministère ? C’est-à-dire sa mission ?

Si l’on tient compte de ce qui est relaté dans l’Évangile selon Jean, la première chose que Jésus fait, c’est de changer de l’eau en vin pour une fête, en l’occurrence, une fête de mariage.

N’est-ce pas un peu étrange ?

La première impression n’est-elle pas importante ?

Jésus démarre sa mission au sein d’un peuple fatigué et chargé, et la première chose qu’il fait c’est de changer de l’eau en vin pour une fête. Que veut-il nous faire comprendre ?

Se préoccuper de la quantité de vin à un mariage est-il plus important que de guérir des malades  ou apporter un réconfort à ceux qui souffrent ?

Essayons de comprendre le message que Jésus nous communique lorsqu’il choisit de changer l’eau en vin en guise de premier miracle.

Je vous invite à lire le texte en Jean 2.1-11.

1 Or, le troisième jour, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là. 2 Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. 3 Comme le vin venait à manquer, la mère de Jésus lui dit: «Ils n’ont plus de vin.»
4 Jésus lui répondit : «Que me veux-tu, femme? Mon heure n’est pas encore venue.»
5 Sa mère dit aux serviteurs: «Faites tout ce qu’il vous dira.» 6 Or il y avait là six jarres de pierre, destinée aux purifications des Juifs et contenant chacune une centaine de litres.
7 Jésus leur dit: «Remplissez d’eau ces jarres.» Et ils les remplirent jusqu’au bord. 8 «Puisez maintenant, leur dit-il, et apportez-en à l’organisateur du repas.» Et ils lui en apportèrent. 9 L’organisateur du repas goûta l’eau changée en vin. Ne sachant pas d’où venait ce vin, tandis que les serviteurs qui avaient puisé l’eau le savaient bien, il appela le marié
10 et lui dit: «Tout homme sert d’abord le bon vin, puis le moins bon après qu’on s’est enivré; mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent!» 11 Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des signes miraculeux que fit Jésus. Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.

[1. Jésus, le maître de la fête]

Le texte précise bien que c’était le premier signe miraculeux de Jésus en Galilée. Un signe est un symbole qui renvoie à autre chose. Comme son nom l’indique, un signe a une signification.

Jésus n’était pas obligé d’exercer sa puissance dans cette situation. Personne n’était en danger. Pourquoi a-t-il choisi de manifester sa puissance divine pour la première fois pendant un mariage, en changeant l’eau en vin ?

Pour mieux comprendre ce récit, il faut savoir que le mariage était un moment très important dans la vie d’un couple, plus important que ce qu’il est aujourd’hui dans notre société qui prône l’indépendance. La société de l’époque mettait beaucoup d’accent sur la famille et la communauté.

Aujourd’hui, les gens disent qu’ils ont réussi dans la vie s’ils ont réalisé leur rêve personnel, s’ils sont  heureux.

Par exemple : « j’ai un bon travail, j’ai une belle épargne pour ma retraite et j’ai fondé une famille, je peux dire que j’ai réussi dans la vie. »

Dans la culture de l’époque de Jésus, on disait que l’on avait réussi dans la vie quand on arrivait à pourvoir aux besoins de sa famille et quand on avait une bonne réputation dans la communauté, c’est-à-dire le village.

Quelqu’un pouvait dire qu’il avait réussi dans la vie s’il était un bon époux, une bonne épouse, un bon fils ou une bonne fille, un bon père ou une bonne mère.

Le but du mariage n’était pas le bonheur de deux conjoints, le but du mariage était de fonder une famille pour la souder et pour contribuer à l’éducation de la génération suivante.

C’était aussi lors du mariage que les deux époux devenaient adultes.

Dans notre société, on devient adulte à l’âge de 18 ans. Dans la culture de Jésus, on devenait adulte quand on se mariait.

Ainsi, la fête qui célébrait le mariage était très importante, car elle était l’union des deux époux, mais aussi le passage à l’état d’adulte.

Tout le village devait être invité parce que cette alliance entre deux personnes était une union publique qui se faisait devant la société et cela concernait toute la communauté.

En plus, la fête durait une semaine et l’on devait faire honneur aux invités. C’est pour cela que le texte mentionne une quantité impressionnante d’eau transformée en vin.

Au verset 6, on apprend qu’il s’agit de 6 jarres de 100 litres chacune, soit 600 litres de vin. C’est l’équivalent de 800 bouteilles de vin ! (Car nos bouteilles font 75 cl).

Vous imaginez la pression et le travail pour les mariés, la famille des mariés et pour l’organisateur de la fête ?

Si dans une telle fête, on manquait de vin, c’était une catastrophe, c’était aussi la honte pour les familles des mariés et pour l’organisateur du mariage.

Quand Jésus intervient pour changer l’eau en vin, il demande aux serviteurs d’apporter le vin non pas aux mariés, mais à l’organisateur de la fête dont le rôle était de veiller à ce que tout se déroule bien et qu’il ne manque de rien.

Lorsque Jésus transforme l’eau en vin, il veut ainsi nous faire comprendre que c’est lui le véritable maître de la fête !

Jésus est venu sur terre pour s’humilier, pour mourir sur la croix et pour ressusciter. Mais tout cela c’est un moyen de parvenir à une fin : la fête dans le ciel.

La Bible parle du banquet final. Le but ultime de la venue de Jésus sur terre, ce sont les nouveaux cieux et la nouvelle terre. C’est la fin de toute souffrance, c’est la joie parfaite. C’est cela que Jésus est venu apporter.

Le premier signe de Jésus renvoie à ce festin qu’il y aura dans le ciel.

Entre-temps il y aura des souffrances, il y aura des deuils, il y aura des larmes, il y aura de l’injustice. Mais en transformant de l’eau en vin, Jésus nous fait savoir qu’il est le maître de la fête et il est venu pour nous inviter à sa fête céleste.

Il me semble que c’est le message que Jésus veut nous communiquer par ce signe miraculeux.

Mais ce récit nous apprend encore autre chose.

[2. Jésus devait passer par la mort et la résurrection]

Jésus est le maître de la fête, mais avant les festivités, il doit passer par la mort et la résurrection. Regardez bien le dialogue entre Marie et Jésus. Il paraît assez énigmatique.

Relisons les versets 3, 4 et 5 :

3 Comme le vin venait à manquer, la mère de Jésus lui dit: «Ils n’ont plus de vin.»
4 Jésus lui répondit : «Que me veux-tu, femme? Mon heure n’est pas encore venue.»
5 Sa mère dit aux serviteurs: «Faites tout ce qu’il vous dira.» 

Quel est le lien entre la remarque de Marie et la réponse de Jésus ?

Marie dit : ils n’ont plus de vin.
Et Jésus répond : «Que me veux-tu, femme? Mon heure n’est pas encore venue.»

Tout d’abord, il ne faut pas s’étonner que Jésus appelle sa mère « femme ».

Pour nous, cela nous semble très méprisant. Imaginez que j’appelle mon épouse : « femme, viens ici ! » Cela serait choquant !

Mais à l’époque de Jésus, appeler sa mère « femme », c’était une marque de respect. C’était  comme si Jésus disait : « ma chère mère ».

Il lui demande : « ma chère mère, que me veux-tu ? »

En fait, la question de Jésus est difficile à traduire. Littéralement, cela donne : « quoi toi et moi ? »

On peut aussi traduire : « qu’y a-t-il entre toi et moi ? » Ou bien : « toi, que me veux-tu ? » Ou bien : « en quoi cela nous concerne-t-il toi et moi ? » Ou encore : « pourquoi tu m’impliques moi dans cette affaire ? »

En tout cas, j’ai l’impression que Jésus essaie de faire comprendre à sa mère qu’il veut prendre ses distances. Elle est sa mère terrestre et biologique, mais lui, il doit surtout obéir à Dieu, son père céleste

Marie lui suggère de faire quelque chose pour aider les mariés à cause du manque de vin. Mais lui, il est sur terre pour une mission plus grande que cela, une mission que Dieu lui a confiée.

Jésus dit dans le même verset 4 : « mon heure n’est pas encore venue ».

Dans l’Évangile selon Jean, Jésus parle plusieurs fois de son heure. Il s’agit du moment où il va manifester pleinement sa gloire par sa mort et par sa résurrection.

Jésus va bien faire quelque chose, il s’apprête à faire un miracle, mais il fait comprendre à Marie qu’il ne le fait pas avant tout pour les mariés, il le fait pour obéir à Dieu, pour signifier qu’il est le Seigneur d’une fête encore plus grande.

Quand il précise que ce n’est pas son heure, il fait comprendre à sa mère qu’il va bien y avoir un miracle, mais ce n’est pas à ce moment-là qu’il va manifester pleinement sa gloire.

Jésus lui dit en quelque sorte : oui tu vas voir un miracle dans quelques instants, mais mon heure n’est pas encore venue.

Cela signifie que tôt ou tard, Jésus va devoir souffrir pour que la fête puisse avoir lieu.

Jésus choisit une fête pour marquer son ministère au sein d’un peuple fatigué et chargé. Ce n’est pas pour esquiver cette réalité, au contraire.

Puisque le peuple est fatigué et chargé, Jésus donne un aperçu de ce qu’il va leur offrir afin de leur présenter l’espérance.

Jésus connaît mieux que personne notre situation à chacun. Le Seigneur connaît nos épreuves et nos difficultés.

Dans notre récit, Jésus commence à se révéler, à se faire connaître.

Au début du culte, Aude et Florence ont rappelé que Dieu est un Dieu qui se révèle.

Ici, il se révèle comme étant le maître de la fête à venir, celle qu’il prépare au ciel pour nous. Pour que cette fête puisse avoir lieu, Jésus accepte de souffrir à notre place. C’est ainsi que sa gloire va se manifester.

[3. Jésus nous invite à lui faire confiance pour participer à sa fête]

Regardons maintenant la suite du dialogue. Remarquez que Marie et les serviteurs ont dû écouter Jésus et lui faire confiance pour que le miracle puisse se réaliser. Verset 5 (et suivants) :

5 Sa mère dit aux serviteurs: «Faites tout ce qu’il vous dira.» 6 Or il y avait là six jarres de pierre, destinée aux purifications des Juifs et contenant chacune une centaine de litres.
7 Jésus leur dit: «Remplissez d’eau ces jarres.» Et ils les remplirent jusqu’au bord. 8 «Puisez maintenant, leur dit-il, et apportez-en à l’organisateur du repas.» Et ils lui en apportèrent.

Au verset 7, les serviteurs font exactement ce que Jésus demande. Il faut savoir que les jarres destinées à la purification étaient des objets saints. Elles servaient à effectuer des rites religieux. C’était pour se laver avant de faire des sacrifices. Ce rite symbolisait que pour pouvoir s’approcher de Dieu, il faut être pur. Ces jarres ne devaient donc pas servir à autre chose, c’étaient des objets saints.

Quand Jésus leur a demandé de s’en servir, les serviteurs auraient dû refuser, mais ils l’ont écouté.

Ces jarres symbolisent l’Ancienne Alliance, l’Ancien Testament, la loi. Jésus les utilise pour y transformer l’eau en vin. Il nous fait comprendre que l’Ancienne Alliance laisse place à la grâce, la fête. Et pour entrer dans cette fête, ce ne sont pas les rites qui comptent, mais la confiance en lui.

« Faites tout ce qu’il vous dira » dit Marie.

« Faites tout ce qu’il vous dira » même si cela vous paraît insensé.

La foi en Jésus mort et ressuscité est un message qui paraît insensé aux yeux du monde, mais par la foi, nous faisons confiance au Christ.

Par la foi, nous croyons que notre vie ne se résume pas à ce qu’il y a sur terre.

Par la foi, nous croyons que nous avons une place auprès du père.

En attendant, nous poursuivons notre route, peut-être en étant fatigués et chargés, mais avec la certitude que Jésus est passé par là et qu’il a souffert pour nous offrir le salut.

[Conclusion]

Pour terminer, je vous propose de revenir au parallèle qu’il y a entre le peuple d’Israël et nous. Et entre Moïse et Jésus.

Alors que le peuple de Dieu était fatigué et chargé au temps du pharaon, Dieu a envoyé Moïse pour le délivrer et pour l’amener vers une destination promise.

Aujourd’hui, alors que dans ce monde nous pouvons être fatigués et chargés, Dieu a envoyé Jésus pour nous délivrer de nos fautes et pour nous amener vers une destination promise.

Il nous prépare une fête dans cette terre promise.

Comme pour le peuple au temps de Moïse, nous sommes en route, nous sommes appelés à lui faire confiance sur le chemin, à laisser Dieu être le guide en toute circonstance.

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