Moitié moitié ? (Matthieu 19.13-30)

Le culte baptême du 25 octobre en entier, avec le témoignage d’Aina, version audio, ici !

Je – juste – quel – cela – lorsque – ne – que – moitié – mots – une -. En – juste – mot – deux, – avez – beaucoup – mal – me -. Ce – je – illustrer, – que – nous – les – à -, la – du -, c’est – si – n’avons – fait. En – cas, – résultat – quasiment – même.

Avez-vous bien compris ces phrases ? Rassurez-vous, c’était juste pour l’intro. Voici ce que je voulais dire :

Je voulais juste montrer quel effet cela fait lorsque l’on ne dit que la moitié des mots dans une phrase. En prononçant juste un mot sur deux, vous avez eu beaucoup de mal à me comprendre.

Ce que je souhaite illustrer, c’est que lorsque nous faisons les choses à moitié, la plupart du temps, c’est comme si nous n’avons rien fait. En tout cas, le résultat est quasiment le même.

À la maison nous avons pas mal de livres pour enfants, l’un des livres s’intitule « Matthieu moitié ». C’est un livre que nous aimons beaucoup lire avec les enfants.  Il raconte l’histoire d’un petit garçon qui ne fait les choses qu’à moitié.

Par exemple, il ne mange que la moitié de son plat, il ne se brosse les dents qu’à moitié, il ne dort que la moitié de la nuit, il ne dit que la moitié de la vérité. Autant vous dire que faire les choses à moitié nuit beaucoup à sa santé, à ses relation et notamment sa relation avec Dieu.

Vous l’aurez compris, c’est un livre qui nous invite à faire les choses jusqu’au bout et à laisser Dieu agir entièrement en nous.

Pour notre prédication je vous propose de lire un texte de la Bible à ce sujet, sur le fait que Dieu nous invite à nous abandonner à lui totalement.

Notre texte se trouve dans l’Évangile selon Matthieu, chapitre 19, versets 13 à 30. Jésus est en train d’enseigner.

13 Alors des gens lui amenèrent des petits enfants afin qu’il pose les mains sur eux et prie pour eux. Mais les disciples leur firent des reproches.
14 Jésus dit: «Laissez les petits enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent.»
15 Il posa les mains sur eux et partit de là. 16 Un homme s’approcha et dit à Jésus: «[Bon] Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle?»
17 Il lui répondit: «Pourquoi m’appelles-tu bon? Personne n’est bon, si ce n’est Dieu seul. Si tu veux entrer dans la vie, respecte les commandements.» «Lesquels?» lui dit-il.
18 Et Jésus répondit: «Tu ne commettras pas de meurtre; tu ne commettras pas d’adultère; tu ne commettras pas de vol; tu ne porteras pas de faux témoignage;
19 honore ton père et ta mère et tu aimeras ton prochain comme toi-même.» 20 Le jeune homme lui dit: «J’ai respecté tous ces commandements [dès ma jeunesse]. Que me manque-t-il encore?»
21 Jésus lui dit: «Si tu veux être parfait, va vendre ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi.»
22 Lorsqu’il entendit cette parole, le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
23 Jésus dit à ses disciples: «Je vous le dis en vérité, il est difficile à un riche d’entrer dans le royaume des cieux.
24 Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.»
25 Quand les disciples entendirent cela, ils furent très étonnés et dirent: «Qui peut donc être sauvé?» 26 Jésus les regarda et leur dit: «Aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible.»
27 Pierre prit alors la parole et dit: «Voici, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi. Que se passera-t-il pour nous?»
28 Jésus leur répondit: «Je vous le dis en vérité, quand le Fils de l’homme, au renouvellement de toutes choses, sera assis sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous serez de même assis sur douze trônes et vous jugerez les douze tribus d’Israël.
29 Et toute personne qui aura quitté à cause de moi ses maisons ou ses frères, ses sœurs, son père, sa mère, sa femme, ses enfants ou ses terres, recevra le centuple et héritera de la vie éternelle.
30 Bien des premiers seront les derniers et bien des derniers seront les premiers.

[1. Les enfants : un exemple]

Ce texte commence par mentionner des éléments perturbateurs, autrement dit : des enfants. Je ne considère pas les enfants comme des éléments perturbateurs, mais c’est ainsi que les disciples de Jésus les considéraient à ce moment-là, parce qu’ils étaient gênants. Jésus les reprends et prononce cette parole au verset 14 :

«Laissez les petits enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent.»

Le royaume des cieux est pour ceux qui ressemblent aux enfants.

Que signifie ressembler à un enfant ? À quoi Jésus pense-t-il lorsqu’il nous invite à ressembler aux enfants pour entrer dans le royaume des cieux ?

Parle-t-il de l’innocence des enfants ?

Je ne pense pas. D’ailleurs, les enfants sont-ils innocents ? En tant que parent, je constate que dès les premières années, les enfants sont capables de comprendre une consigne et de la transgresser de manière délibérée.

Si ce n’est pas l’innocence, à quoi Jésus pense lorsqu’il affirme que le royaume des cieux est pour ceux qui ressemblent aux enfants ?

Il me semble que Jésus parle de leurs besoins.

Un enfant sait qu’il a besoin  de ses parents, il ne remet pas cela en cause. Et même si très tôt, l’enfant manifeste son désir d’être autonome, il sait qu’il ne peut pas encore se passer de ses parents. L’enfant s’appuie sur ses parents pour ses besoins quotidiens.

De même, Dieu nous demande de nous appuyer sur lui, de compter sur lui au quotidien. Il nous demande de reconnaître notre besoin de Jésus.

Dans notre récit, Jésus béni les enfants et voilà qu’un homme riche s’approche avec une question au verset 16 :

[2. L’homme riche : pas un exemple]

«Bon maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle?» Jésus lui fait remarquer que personne n’est bon si ce n’est Dieu seul. C’est une remarque intéressante. De nos jours beaucoup de personnes se croient assez bon pour entrer dans le royaume des cieux. Mais Jésus dit clairement que Dieu seul est bon.

En même temps, Jésus ne nie pas être bon. Il nous laisse comprendre, dans une certaine mesure, qu’il est Dieu. Un Dieu bon comme aucun être humain.

Puis il rappelle à l’homme riche les commandements de Dieu. Au verset 20, notre homme déclare avoir respecté tous ces commandements depuis sa jeunesse. Il demande à Jésus :

« Que me manque-t-il encore » pour entrer dans le royaume des cieux ?

Jésus répond :

«Si tu veux être parfait, va vendre ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi.»

Mais l’homme riche devient triste et se sent incapable de faire cela. Pourquoi ? Car il avait beaucoup de biens.

Si cet homme ne possédait pas grand-chose, cela aurait été plus facile de tout vendre, il n’aurait pas perdu grand-chose.

Mais il possédait beaucoup, il devait se séparer de trop de choses auxquelles il tenait. Dans ce récit, Jésus ne demande pas à tout le monde de tout vendre. Il demande précisément à cet homme-là de tout vendre.

L’argent n’est pas mauvais en soi. Mais Jésus voulait que l’homme riche puisse suivre Jésus en étant libéré de son attachement à ses richesses, afin d’avoir un seul guide, c’est à dire Dieu.

Il arrive assez souvent que ma femme me pose une question à table, et que je mette bien 10 secondes avant de répondre à la question. Cela arrive surtout lorsque j’ai encore la tête dans mon travail.

Même si je suis présent physiquement à table, mon esprit peut encore être au bureau.

On peut dire que dans ce cas-là, je suis à moitié présent avec ma femme, et à moitié encore au travail. C’est une situation assez inconfortable car en étant partagé entre ma femme et mon travail, finalement, je ne suis nulle part. En général, il faut attendre un certain temps avant que mon esprit rejoigne mon corps (je parle de façon imagée évidemment).

Je prends cet exemple pour illustrer ce que Jésus souhaite éviter.

Jésus voulais que l’homme riche fasse totalement confiance en lui, et non pas seulement à moitié. Il ne voulait pas d’un homme attaché à la fois aux richesses et à la fois à Dieu.

Jésus savait que pour cet homme, l’attachement à ses richesses l’empêcherait d’être entièrement attaché à Dieu. Il était en quelque sorte dans une situation de dépendance, il était sous l’emprise de ses biens matériels.

Pour libérer l’homme riche, Jésus lui a demandé de quitter tous ses biens.

[3. Et nous : quel exemple (ne pas) suivre ?]

Et pour nous ?

Pour nous libérer, qu’est-ce que Jésus nous demande de quitter ?

Qu’est-ce qui prend trop de place dans notre vie ? Qu’est-ce qui qui nous empêche de faire entièrement confiance en Dieu ?

Dans la Bible, Jésus mentionne deux choses qui ont tendance à prendre trop de place dans notre vie et qui nous empêchent de mettre entièrement notre confiance en lui.

Il s’agit des plaisirs de la vie et des épreuves de la vie.

Les plaisirs de la vie peuvent tellement prendre de la place, que nous pouvons mettre Dieu au second plan.
De même, les épreuves de la vie peuvent tellement prendre de la place, que nous pouvons mettre Dieu au second plan.

Quand je parle des plaisirs de la vie, ce n’est pas forcément des choses que l’on possède, mais des choses que l’on veut posséder, et cela peut occuper notre esprit au point de diriger notre vie.

C’est pareil pour les épreuves, elles peuvent tellement occuper notre esprit que notre relation avec Dieu se limite aux prières pour sortir de l’épreuve. Et c’est ainsi que les épreuves dirigent notre vie, au lieu que ce soit Dieu.

Récemment j’ai eu une discussion avec une connaissance qui a été interpellée en assistant à un culte dans une Église. Lors de ce culte, les intervenants avaient passé plus de temps à parler du Covid que de Jésus. Le Covid a-t-il prit la place de Dieu dans nos cultes et dans nos vies ?

Personnellement, il arrive souvent que ma vie soit dirigée par mes désirs ou mes préoccupations. Je ne me fais pas d’illusion, je sais que mon attachement à Dieu n’est pas toujours entier.

En voyant l’homme riche partir, Jésus fait ce commentaire :

«Je vous le dis en vérité, il est difficile à un riche d’entrer dans le royaume des cieux. 24 Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.»

Les disciples se demandent alors qui peut être sauvé ?

À cette question, Jésus marque un temps d’arrêt pour regarder ses disciples, avant de leur répondre :

«Aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible.»

Cette parole de Jésus me rassure, c’est une parole libératrice.

Ce que moi je me sens incapable de faire, Dieu peut le faire en moi.

Jésus nous demande de nous abandonner entièrement à lui, mais nous en sommes incapables.

Et c’est justement lorsque nous avouons notre incapacité que Jésus intervient  en disant : ce que tu es incapable de faire, Dieu peut le faire à ta place.

C’est le résumé de l’Évangile : nous sommes incapables d’honorer Dieu, Jésus l’a fait pour nous. Nous sommes incapables de vaincre la mort, Jésus l’a fait pour nous. Nous sommes incapables de nous libérer de certaines emprises, Jésus l’a fait pour nous.

Qu’avons-nous à faire ?

Être comme des enfants : reconnaître que nous avons nos limites et donc reconnaître que nous avons besoin de Jésus, lui qui a tout accomplis à notre place.

Jésus termine cet enseignement avec cette parole du verset 30 :

[Conclusion]

« Bien des premiers seront les derniers et bien des derniers seront les premiers. »

Les derniers, en quelque sorte, sont ceux qui ressemblent aux enfants et les pauvres. Les enfants savent qu’ils ont besoin de leurs parents pour prendre soin d’eux. Les pauvres savent qu’ils ont besoin d’aide.

Les premiers sont en quelque sorte les riches de ce monde mais pas seulement, ce sont aussi ceux qui pensent n’avoir besoin de rien ni de personne. Ceux-là auront du mal à accepter ce que Dieu leur offre.

« Bien des premiers seront les derniers et bien des derniers seront les premiers. »

Que Dieu nous aide à reconnaître notre besoin d’être sauvé, qu’il nous aide à nous attacher non pas à moitié, mais entièrement à Jésus.

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