Un monde meilleur ? (Luc 7.18-35)

Prédication version vidéo ou texte du 8 novembre 2020

Qui ne rêve pas d’un monde meilleur ? Surtout actuellement, avec tous les troubles que traverse la planète.

En tant qu’Église, nous sommes appelés à vivre notre communion de manière restreinte pendant quelque temps. Cette situation nous rappelle que nous vivons dans un monde fragile et imparfait. Nous savons aussi que beaucoup de chrétiens dans plusieurs pays vivent une certaine restriction à cause de la persécution.

C’est d’ailleurs aujourd’hui le dimanche de l’Église persécutée et nous voulons avoir une pensée pour tous ces chrétiens qui vivent leur foi dans des conditions difficiles.

La plupart des gens espèrent des changements sur cette terre, dans la société et dans leur vie.

Beaucoup de gens rêvent d’un monde sans famine, sans maladie, sans persécution, sans guerre. D’une médecine toujours en progrès et efficace contre toutes les maladies. D’une terre en meilleure santé : sans pollution ni pesticides.

À chaque nouvelle élection, on espère un gouvernement meilleur, une justice plus équitable.

La plupart des gens veulent une vie plus confortable, plus libre.

Et vous, quels sont vos rêves ? Quels changements souhaitez-vous voir dans notre monde et dans votre vie ?

En général, quand on souhaite une vie meilleure, c’est qu’on a le sentiment que notre vie actuelle n’est pas satisfaisante, ou en tout cas, que la société actuelle n’est pas satisfaisante.

À l’époque de Jésus, les Juifs étaient dans l’attente d’une société meilleure, plus précisément d’un gouvernement meilleur. Il y avait une grande attente, celui d’un messie, d’un sauveur.

Les Juifs attendaient la venue de quelqu’un qui viendrait les délivrer de la domination romaine. Ils attendaient le rétablissement d’Israël en tant que pays indépendant. Pour beaucoup d’entre eux, c’était ça le salut.

Si l’on demandait à un Juif : « pour toi, qu’est-ce qu’un monde meilleur ? », il aurait probablement répondu : « un monde meilleur c’est un monde où Israël est rétabli dans sa gloire et où les Romains sont vaincus ».

Mais selon les Écritures, Dieu n’a jamais voulu une sorte de guerre sainte par laquelle il récupérerait une terre. Le rôle du messie n’était pas de remporter une victoire militaire et politique, mais de remporter une victoire encore plus grande, une victoire contre le mal et contre la mort. Cette victoire dépasse le cadre judaïque, elle concerne le monde entier.

Je vous propose de lire un texte qui parle de cette attente des Juifs. Dans Luc 7.18-35. Ce passage a lieu juste après des miracles de Jésus.

18 Jean fut informé de tout cela par ses disciples. 19 Il en appela deux qu’il envoya vers Jésus pour lui dire: «Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?»
20 Arrivés vers Jésus, ils dirent: «Jean-Baptiste nous a envoyés vers toi pour te demander: ‘Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?’»
21 A ce moment-là, Jésus guérit de nombreuses personnes de maladies, d’infirmités et d’esprits mauvais et il rendit la vue à bien des aveugles.
22 Puis il leur répondit: «Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.
23 Heureux celui pour qui je ne représenterai pas un obstacle!»
24 Lorsque les messagers de Jean furent partis, Jésus se mit à dire à la foule au sujet de Jean: «Qu’êtes-vous allés voir au désert? Un roseau agité par le vent?
25 Mais qu’êtes-vous allés voir? Un homme habillé de tenues élégantes? Ceux qui portent des tenues somptueuses et qui vivent dans le luxe se trouvent dans les maisons des rois.
26 Qu’êtes-vous donc allés voir? Un prophète? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. 27 C’est celui à propos duquel il est écrit: Voici, j’envoie mon messager devant toi pour te préparer le chemin.
28 »Je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, aucun [prophète] n’est plus grand que Jean[-Baptiste]. Cependant, le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui.
29 Tout le peuple qui l’a entendu et même les collecteurs d’impôts ont reconnu la justice de Dieu en se faisant baptiser du baptême de Jean;
30 mais les pharisiens et les professeurs de la loi, en ne se faisant pas baptiser par lui, ont rejeté le plan de Dieu pour eux.
31 A qui donc comparerai-je les hommes de cette génération, à qui ressemblent-ils? 32 Ils ressemblent à des enfants assis sur la place publique, qui se parlent les uns aux autres et disent: ‘Nous vous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé; nous avons entonné des chants funèbres et vous n’avez pas pleuré.’ 33 En effet, Jean-Baptiste est venu, il ne mange pas de pain et ne boit pas de vin, et vous dites: ‘Il a un démon.’ 34 Le Fils de l’homme est venu, il mange et il boit, et vous dites: ‘C’est un glouton et un buveur, un ami des collecteurs d’impôts et des pécheurs.’
35 Mais la sagesse a été reconnue juste par tous ses enfants.»

Pour comprendre ce texte, le rappel du contexte est nécessaire.

Ce passage commence par mentionner un certain Jean, qui envoie des messagers pour demander à Jésus si c’est bien lui que le peuple attend.

Jean était un prophète envoyé par Dieu pour préparer la venue du messie, le sauveur. Il envoie des messagers parce qu’il ne peut pas se déplacer lui-même, il se trouve en prison. Il a été enfermé, car il a fait des reproches d’ordre éthique à Hérode, un homme politique.

Jean se trouve donc en prison et il envoie des gens demander à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »

Autrement dit : es-tu le messie que Dieu nous envoie ? Es-tu celui que nous attendons ?

Voici la réponse de Jésus au verset 22 : « les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. »

Jésus cite ici plusieurs passages du prophète Esaïe, des passages qui décrivent ce qui se passera lorsque le messie viendra.

La réponse de Jésus est claire, c’est comme s’il disait : « je n’ai pas besoin de dire que c’est moi, tous les signes qui accompagnent la venue du messie sont en train de s’accomplir ».

Dans ce texte, Jésus n’affirme pas directement qu’il est l’envoyé de Dieu, mais il invite l’auditeur à réfléchir et à faire preuve de discernement. Celui qui est attentif à la révélation de Dieu, notamment par sa Parole, saura reconnaître le messie. Celui qui cherche trouve.

Une fois les messagers partis, Jésus s’adresse à la foule pour parler de Jean. En fait, on l’appelle Jean-Baptiste, parce qu’il a invité les Juifs à se faire baptiser en signe de repentance. Il disait à la foule : « produisez des fruits qui confirment votre changement d’attitude » (Luc 3.8).

Jésus annonce que Jean est aussi un envoyé de Dieu annoncé plusieurs siècles auparavant. Jésus cite le prophète Malachie qui a écrit ceci 4 siècles plus tôt, c’est Dieu qui parle à travers Malachie : « Voici que j’enverrai mon messager pour me préparer le chemin. »

Ce messager, c’est Jean-Baptiste.

Tous les signes de la venue du messie sont en train de s’accomplir, Jésus est l’envoyé de Dieu, venu pour sauver le monde de ses fautes et de la mort.

À partir du verset 29, Jésus interpelle ses auditeurs et en particulier les pharisiens et les professeurs de la loi.

Les pharisiens étaient des religieux et des enseignants, tout comme les professeurs de la loi. Ils  étaient censés instruire le peuple à propos de la Torah. Ces personnes représentaient l’institution juive.

Voici ce que Jésus dit à leur propos :

« les pharisiens et les professeurs de la loi, en ne se faisant pas baptiser par lui [Jean baptiste], ont rejeté le plan de Dieu pour eux. »

En résumé, ceux qui connaissaient le mieux la Bible, ceux qui étaient censés discerner la venue du messie n’ont rien vu venir.

Ce constat de Jésus m’interpelle personnellement en tant que pasteur. J’ai fait des études de théologie, je passe des heures à étudier la Bible pour l’enseigner. Mais cela ne veut rien dire.

Ce ne sont pas mon statut ou mes diplômes qui me rendent plus proche de Dieu. Ce ne sont pas les connaissances théoriques, si justes soient-elles, qui nous rendent plus attentifs à la voix de Dieu.

Pour entendre Dieu, il faut avoir un cœur disposé, un cœur humble et prêt à se remettre en question. Il faut être à l’écoute de Dieu et de lui seul.

À l’époque de Jésus, les religieux et les enseignants étaient ceux qui avaient le moins de lucidité concernant Dieu. Leur statut leur donnait un certain pouvoir, cela les rendait orgueilleux et les empêchait de voir la vérité.

Pour parler d’eux, Jésus raconte une parabole.

Ils ressemblent à des enfants assis sur la place publique, qui se parlent les uns aux autres et disent: « Nous vous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé; nous avons entonné des chants funèbres et vous n’avez pas pleuré. »

Les pharisiens et les professeurs de la loi sont comme des enfants. Des enfants qui se plaignent parce que les autres n’agissent pas comme ils le veulent.

Jean-Baptiste était plutôt quelqu’un d’austère et ils auraient voulu qu’il danse.

En effet, il avait une hygiène de vie particulière, commune à beaucoup de prophètes. Il ne mangeait pas de pain et il ne buvait pas de vin. Les pharisiens l’ont accusé d’avoir un démon.

À l’inverse, Jésus participait à des fêtes et ils auraient voulu qu’il prenne un air triste.

En effet, Jésus participait à des festins, il buvait de l’alcool, il fréquentait des gens de mauvaise vie, et les pharisiens disaient à propos de lui : « C’est un glouton et un buveur, un ami des collecteurs d’impôts et des pécheurs. »

Jésus leur dit : « il faut savoir ce que vous voulez ! Voyez votre incohérence, on vous donne X vous voulez Y, on vous donne Y vous voulez X. Vous n’êtes jamais satisfaits et vous vous plaignez de tout ! »

La conclusion de Jésus est la suivante : « Mais la sagesse a été reconnue juste par tous ses enfants. »

Les enseignements de Jean-Baptiste et de Jésus ont été reconnus comme sages et justes par les enfants de Dieu. C’est une invitation à nous aussi reconnaître en eux les envoyés de Dieu.

À l’époque, Jean-Baptiste était là pour interpeller le peuple, pour les inviter à accueillir le sauveur qui vient. Sa mission avait du sens parce que les Juifs attendaient le Messie.

De nos jours, je ne pense pas que les Français attendent avec impatience le Messie envoyé par Dieu. Comment ce passage peut nous parler aujourd’hui ?

En réalité, je pense que les Français, ainsi que le monde entier, attendent tout de même une sorte de Messie, un changement.

Au début de mon message, j’ai parlé des attentes de nos contemporains. Les gens n’attendent pas un Messie à proprement parler, mais beaucoup attendent que l’humanité rendre l’humanité meilleure.

Beaucoup de gens espèrent que l’écologie et la science rendront ce monde meilleur. Ils espèrent que la médecine sera toujours plus efficace contre les maladies, que l’humanité s’entraidera toujours plus pour faire disparaître la famine, que les gouvernements arrêtent de se faire la guerre un jour.

Beaucoup de gens continuent de vivre et de travailler en espérant avoir un jour une belle retraite, une vie agréable.

À chaque fois, tout ce qu’ils attendent vient de l’être humain.

C’est l’être humain qui monte des associations humanitaires pour aider les autres, c’est l’être humain qui trouve de nouveaux médicaments, c’est l’être humain qui invente des machines non polluantes, c’est l’être humain qui travaille pour gagner de l’argent pour sa retraite.

Toutes ces espérances sont belles et je pense effectivement que l’Homme est capable de beaucoup de progrès. Mais je ne pense pas que l’être humain à lui seul puisse rendre le monde meilleur.

Je pense qu’il y aura des progrès écologiques et scientifiques. Je pense que l’être humain est capable de faire de belles choses, mais à lui seul, il ne va pas sauver la terre.

J’entends souvent des gens dire : « il faut sauver la planète ». L’être humain pense-t-il être le sauveur de la planète ?

Nous pouvons contribuer à rendre la planète plus vivable, mais d’après la Bible, d’où vient le salut de la planète ? D’où vient le salut de l’humanité ?

Le salut ne se trouve pas en nous, mais en Jésus.

Et Jésus ne rendra pas forcément le monde meilleur comme on le pense. À l’époque de Jésus, les Juifs croyaient que le messie rendrait le monde meilleur en rétablissant un Israël politique. Mais le messie agit plus en profondeur que cela.

Aujourd’hui, comment imaginons-nous le monde meilleur ?

Selon la Bible, un monde meilleur commence par chacun de nous, il commence par une relation avec le Christ. Pour rendre le monde meilleur, Jésus commence par le cœur humain. Jean-Baptiste prêchait ceci : « produisez des fruits qui confirment votre changement d’attitude ».

Il ne s’agit pas seulement de produire des fruits, mais surtout de changer d’attitude de cœur. C’est à cela que Dieu nous invite, à changer d’attitude, autrement dit, il nous invite à nous convertir, à lui ouvrir notre cœur en permanence.

En conclusion, le texte de ce matin nous invite à faire preuve de discernement et à reconnaître Jésus comme étant le messie, venu pour sauver l’humanité de son cœur abîmé et imparfait. C’est Jésus qui sauve la planète, c’est lui qui tient notre avenir dans ses mains.

Le texte de ce matin nous invite à nous remettre en question : ce ne sont pas avant tout nos efforts ou les efforts humains qui vont sauver la terre ou apporter des solutions à tous nos problèmes.

Le changement commence dans notre cœur, un cœur qui accueille le Christ et qui se manifeste par une vie soucieuse de la volonté de Dieu.

Si le salut est en Jésus, alors c’est d’abord en Jésus qu’il faut se confier pour toutes nos épreuves. En cette période inquiétante, nous sommes appelés à avoir foi, autrement dit, avoir confiance en Dieu.

Manifestons cette confiance en nous déchargeant de toutes nos craintes et en persévérant dans la prière, car nous pouvons compter sur le Christ.

Une réponse sur “Un monde meilleur ? (Luc 7.18-35)”

  1. Merci à vous Christian pour cette belle prédication qui nous invite à nous remettre en question chaque jour avec humilité….Avec la foi dans le Christ au coeur et la prière……ça aide bien!

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