L’avent avec Abraham (Genèse 23)

Quel rapport entre Abraham, l’ancêtre du peuple juif, et la période de l’Avent ?

Comme cela fait quelque temps que nous n’avons pas continué la série de prédication sur Abraham, voici quelques rappels.

Abraham était originaire de Mésopotamie, Dieu s’est révélé à lui de manière particulière. Il lui a dit : « quitte ton pays et ta patrie, et va dans le pays que je te montrerai ».

Dieu a accompagné cet appel de deux promesses en particulier. Premièrement Dieu lui donnera un pays pour ses descendants, et deuxièmement, la descendance d’Abraham sera une bénédiction pour toutes les nations de la terre.

Sa femme, Sarah était stérile, c’est notamment autour de cette problématique que nous suivons l’histoire d’Abraham. Finalement, après 25 ans de doutes, d’attente, mais aussi d’espoir et de confiance, alors qu’Abraham a 100 ans et Sarah 90 ans, l’enfant de la promesse, Isaac, vient au monde.

Promesse, doute, foi, attente, naissance miraculeuse…
Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?

À Noël, nous fêtons la naissance miraculeuse de Jésus, une naissance attendue. La promesse d’un messie, d’un sauveur, était annoncée depuis longtemps par les prophètes. Il se trouve que Jésus est la réalisation de la promesse faite à Abraham : il est le descendant d’Abraham par qui toutes les nations sont bénies, car le salut que Jésus apporte est pour tous les peuples.

Le texte d’aujourd’hui est d’autant plus dans le thème de l’Avent, car c’est un texte qui relate des évènements après la naissance d’Isaac.

Actuellement nous sommes dans la période de l’Avent, mais nous n’attendons pas la naissance de Jésus, il est déjà né.

Alors qu’attendons-nous ? Nous attendons de fêter Noël, bien sûr. Mais cette attente de fêter la naissance de Jésus nous rappelle que nous sommes dans une autre attente. Nous attendons surtout son retour. Dans le plan de Dieu, la prochaine grande étape, c’est le retour de Jésus.

Cette attente est réelle dans le sens où cela n’a pas encore eu lieu. Nous attendons son retour, car c’est une promesse, une promesse qui se saisit par la foi. Nous avons donc une espérance, c’est exactement le thème de ce matin.

Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, le texte de ce matin est très particulier.

Nous sommes dans le premier livre de la Bible, le livre de la Genèse au chapitre 23. C’est le premier récit qui relate un enterrement. De plus, c’est le seul récit où il est question de l’enterrement d’une femme. Et c’est aussi le seul récit où l’on mentionne l’âge d’une femme dans la Bible.

Tous ces éléments interpellent le lecteur. L’auteur nous invite à lire ce texte avec une attention particulière.

Quand on parle de la mort d’une personne, en général, que dit-on ? On pourrait s’attendre à ce que l’auteur nous raconte à quel point Abraham était triste. On pourrait s’attendre à avoir un résumé de sa vie, une description de sa relation avec Abraham, de sa foi, sa personnalité. L’auteur pourrait nous montrer en quoi la vie de Sarah pourrait être un enseignement pour nous.

Mais ici, l’auteur insiste sur autre chose. Je vous invite à lire ce texte dans Genèse chapitre 23 :

1 Sara vécut 127 ans: c’est la durée de sa vie.
2 Elle mourut à Kirjath-Arba, c’est-à-dire Hébron, dans le pays de Canaan. Abraham vint mener deuil sur Sara et la pleurer.
3 Puis il s’éloigna de son corps et dit aux Hittites:
4 «Je suis un étranger et un résident temporaire parmi vous. Donnez-moi une propriété funéraire chez vous pour que j’enterre mon mort et l’éloigne de moi.»
5 Les Hittites répondirent à Abraham: 6 «Écoute-nous, seigneur! Tu es un prince de Dieu au milieu de nous. Enterre ton mort dans celui de nos lieux de sépulture que tu choisiras, aucun de nous ne te refusera son tombeau pour que tu enterres ton mort.»
7 Abraham se leva et se prosterna devant la population du pays, devant les Hittites.
8 Puis il leur dit: «Si vous permettez que j’enterre mon mort et que je l’éloigne de moi, écoutez-moi: intercédez pour moi auprès d’Ephron, fils de Tsochar,
9 pour qu’il me cède la grotte de Macpéla qui lui appartient et qui se trouve à l’extrémité de son champ. Qu’il me la cède contre sa valeur en argent afin qu’elle me serve de propriété funéraire au milieu de vous.»10 Or, Ephron était assis parmi les Hittites, et Ephron le Hittite répondit à Abraham, devant les Hittites et tous ceux qui entraient par la porte de sa ville:
11 «Non, mon seigneur, écoute-moi! Je te donne le champ, ainsi que la grotte qui s’y trouve. Je te les donne en présence de mes compatriotes. Enterre ton mort!»
12 Abraham se prosterna devant la population du pays 13 et dit à Ephron, devant la population du pays: «Écoute-moi, je t’en prie! Je donne le prix du champ. Accepte-le et j’y enterrerai mon mort.»
14 Ephron répondit à Abraham:
15 «Mon seigneur, écoute-moi! Une terre de 400 pièces d’argent, qu’est-ce que cela entre nous? Enterre ton mort!»
16 Abraham comprit Ephron et lui pesa la quantité d’argent qu’il avait indiquée devant les Hittites: 400 pièces d’argent d’après le cours en vigueur chez les marchands.
17 Le champ d’Ephron à Macpéla, vis-à-vis de Mamré, le champ et la grotte qui s’y trouve, avec tous les arbres qui sont dans le champ, dans la limite de son pourtour,
18 devinrent ainsi la propriété d’Abraham en présence des descendants de Heth et de tous ceux qui entraient par la porte de sa ville.
19 Après cela, Abraham enterra sa femme Sara dans la grotte du champ de Macpéla vis-à-vis de Mamré, c’est-à-dire Hébron, dans le pays de Canaan.
20 Le champ et la grotte qui s’y trouve furent ainsi accordés comme propriété funéraire à Abraham par les Hittites.

  1. Le décès de Sarah

Le récit de la mort de Sarah contient 20 versets. Sur ces 20 versets, 2 versets décrivent la réaction émotionnelle d’Abraham et 18 versets relatent l’achat d’une parcelle de terre.

C’est loin d’être un texte romantique ! L’enseignement de ce texte ne porte pas principalement sur le couple ou le deuil, mais sur l’alliance de Dieu avec Abraham et l’espérance qui en découle.

Toutefois, le texte commence quand même par la réaction d’Abraham, il est triste.

La Bible ne fait pas l’impasse sur son humanité. La Parole de Dieu s’adresse à des humains, nous sommes des êtres pourvus de sentiments. Dieu prend en compte tous ces aspects dans les Écritures.

La Bible n’est pas un code civil avec un contenu uniquement froid et théorique. Abraham a éprouvé une grande tristesse à la mort de son épouse et c’est l’une des premières choses mentionnées.

Au verset 2, il est dit qu’Abraham « vint mener deuil sur Sara et la pleurer. »

C’est seulement ensuite que l’achat de la parcelle de terre est raconté.

  1. Où sera-t-elle enterrée ?

Abraham connaissait bien les coutumes des Hittites. Selon des spécialistes, la manière dont l’achat s’est déroulé correspond au code des Hittites de l’époque. Rien ne s’est déroulé au hasard.

De nos jours, lorsque quelqu’un achète une parcelle de terre, il doit suivre des procédures très précises, avec sa banque, avec le notaire, avec le vendeur, etc. Abraham aussi a suivi des procédures précises. Regardons comment la vente s’est déroulée.

Tout d’abord, il s’est approché des Hittites pour leur dire qu’il souhaite enterrer Sarah sur leurs terres.

Les Hittites respectent Abraham, ils le considèrent comme un prince de Dieu. Ils lui proposent d’enterrer Sara gratuitement, où il veut.

Mais Abraham précise sa demande, il ne veut pas juste enterrer Sara, il veut acheter la grotte de Macpéla qui appartient à Ephron.

En fait, cette demande n’était pas seulement pour Sara.

À l’époque, lorsque l’on achetait une propriété funéraire pour son époux ou son épouse, cela déterminait aussi l’endroit où l’on sera enterré. Généralement, il s’agissait d’une concession familiale.

En disant aux Hittites qu’il voulait enterrer Sara chez eux, il sous-entendait qu’il comptait lui aussi être enterré parmi eux, ainsi que ses descendants. Il a l’intention d’acquérir une propriété funéraire pour toute sa famille.

Au verset 12, Abraham se prosterne devant les Hittites pour faire sa demande. Cela devait paraître étrange pour lui de les supplier pour acheter une terre qui lui avait été promise. En effet, l’endroit où il se trouve fait partie du pays que Dieu a promis à ses descendants.

Voici les termes de cette promesse en Genèse 15.18-21 :

18 (…) l’Éternel fit alliance avec Abram en disant: «C’est à ta descendance que je donne ce pays, celui qui va du fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, jusqu’à l’Euphrate,
19 le pays des Kéniens, des Keniziens, des Kadmoniens, 20 des Hittites, des Phéréziens, des Rephaïm, 21 des Amoréens, des Cananéens, des Guirgasiens et des Jébusiens.»

Abraham avait foi en Dieu et ses promesses. Au fil des années, la foi d’Abraham s’est fortifiée. À la fin de sa vie, il était arrivé à un point où il avait la certitude qu’un jour le pays des Hittites appartiendrait à ses descendants, c’est pour cela qu’il insiste pour acheter une parcelle de terre chez eux.

Au lieu de retourner chez ses ancêtres pour enterrer Sarah, Abraham agit en se basant sur les promesses de Dieu. Par la foi, il fournit ainsi au peuple de Dieu déjà des racines dans la terre promise. Il sait que ses descendants y reviendront.

Avant d’aller plus loin, nous pouvons retenir un premier enseignement de ce texte.

À la fin de sa vie, Abraham prenait ses décisions en se basant sur l’alliance de Dieu.

  1. Des actes basés sur l’alliance

Est-ce que pour nous aussi les promesses de Dieu inspirent nos décisions et nos actions ? Sa promesse de nous accompagner et nous guider à chaque étape de notre vie. Sa promesse de tout faire concourir pour le bien de ceux qui l’aiment. Sa promesse de pardonner tous nos péchés. Sa promesse de nous offrir la vie éternelle.

  • Si toutes ces promesses sont vraies, alors nous devrions aborder l’avenir avec sérénité.
  • Nous devrions obéir à Dieu, car c’est une manière pour lui de nous guider.
  • Nous devrions être remplis de reconnaissance envers Dieu et de grâce envers les autres, car nous sommes bénéficiaires de la grâce de Dieu.
  • Nous devrions être attachés à Dieu plus qu’à des choses terrestres, car notre avenir se trouve au ciel et non sur terre.
  • Nous devrions nous préoccuper de la croissance du royaume de Dieu et de son Église plus que de la croissance de notre confort ou de notre réputation.

Abraham s’est basé sur l’alliance de Dieu pour prendre une décision importante. Le lieu où il enterrera Sarah sera le lieu où il sera enterré, lui et sa famille. Il sait que c’est là où ses descendants habiteront.

Regardons maintenant comment se passe la négociation.

  1. La négociation

Abraham demande d’acheter la grotte de Macpéla au verset 9. Cette grotte appartient à Ephron. Ephron répond à Abraham au verset 11. Il lui dit qu’il peut lui offrir le champ avec la grotte qui s’y trouve. Vous remarquerez qu’Abraham parle de grotte alors qu’Ephron parle de champ.

Il semblerait qu’il veuille céder non pas seulement la grotte, mais aussi le champ dans lequel la grotte se trouve. Cette propriété forme un tout, il faut acquérir l’ensemble.

Vous remarquerez aussi qu’Ephron ne parle pas de vente, il propose de donner la propriété. Mais c’est une manière subtile de proposer la vente. Il sait très bien qu’Abraham n’acceptera pas de s’approprier le champ gratuitement, cela ne se fait pas, il n’est pas un profiteur. La réputation était particulièrement importante à l’époque.

Abraham demande le prix. Il se passe alors quelque chose de très intéressant :

Ephron continue de dire qu’il lui en fait cadeau, et en même temps, il indique le prix de ce cadeau ! Normalement, ça ne se fait pas, mais c’est une manière de proposer un prix.

En règle générale, lorsque l’on vous offre un cadeau, l’étiquette avec le prix a été enlevée. Ici, Ephron colle l’étiquette devant Abraham.

Il apprend que le champ et la grotte coûtent 400 pièces d’argent. Selon certains spécialistes, le prix avancé est plus de 10 fois supérieur au prix normal.

En même temps, Ephron propose de lui céder gratuitement sa propriété. Face à cette générosité, comment Abraham pourrait-il se plaindre du prix ? Il accepte sans marchander, même si le prix est élevé.

Cette détermination d’Abraham pour acheter le champ et la grotte nous enseigne quelque chose sur la manière dont il dépensait son argent. Une fois de plus, sa manière d’agir se basait sur les promesses de Dieu.

Il était prêt à acheter cette grotte, car il avait foi que c’est là que Dieu fera habiter ses descendants.

Là où nous investissons notre temps, notre énergie et notre argent révèle là où est notre cœur. Cela rejoint cette parole de Jésus dans les Évangiles : « là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Matthieu 6.21).

Où se trouve notre trésor ? Qu’est-ce qui motive notre existence ?

  1. Conclusion : la tombe, symbole d’espoir !

Pour conclure, j’aimerais souligner que dans plusieurs passages de la Bible, la tombe est un symbole d’espoir.

Ici, Abraham cherche un lieu où enterrer son épouse. 90% de notre texte parle de ce sujet. La tombe de Sara symbolise l’espérance, car elle sera enterrée dans le pays promis, celui que Dieu donnera à ses descendants, conformément à son alliance.

L’histoire le confirmera, Abraham y sera enterré, ainsi que Isaac, Jacob et leurs épouses Rébecca et Léa.

Dans la Bible, un autre tombeau symbolise l’espérance, celui de Jésus. Trois jours après sa mort, son tombeau a été ouvert par des anges, non pas pour faire sortir le corps, mais pour montrer qu’il était vide, car Jésus est ressuscité.

Notre pays promis à nous, comme pour Abraham, c’est le royaume des cieux.

Que représente la tombe pour vous ?

Pour celui qui entre dans l’alliance de Dieu par la foi, le tombeau vide de notre Seigneur est la garantie que « la tombe n’est pas notre destination finale, mais juste une demeure pour le corps jusqu’à ce que Jésus revienne pour les siens (1 Corinthiens 15 ; 1 Thessalonissiens 4) » (Bob Deffinbaugh)

En cette période de l’Avent marquée par une période sombre de notre histoire, rappelons-nous que notre espérance est certaine. Nous attendons plus qu’une fête, nous attendons le retour du Christ, ainsi que des nouveaux cieux et une nouvelle terre.

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