Connaître Dieu (Luc 9.1-21)

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À partir de quand peut-on dire que l’on connaît quelqu’un ? Imaginons que je lise une biographie du président de la république, peut-on dire alors que je le connais ?

Évidemment, ce n’est pas en lisant des écris sur une personne que nous la connaissons. Nous pouvons connaître des éléments de sa vie, mais pas la personne elle-même.

Pour connaître quelqu’un, cela demande de passer du temps avec lui, de pouvoir échanger, vivre des choses ensemble dans plusieurs contextes. Autrement dit, pour connaître quelqu’un, il faut être en relation et interagir avec lui.

Vous voyez certainement là où je veux en venir : connaissez-vous Dieu ? Connaissez-vous Jésus ?

La Bible raconte la relation entre Dieu et son peuple. En lisant les Écritures, nous pouvons ainsi connaître plein de choses sur Dieu, mais comment le connaître personnellement ?

Normalement, plus nous passons de temps avec une personne, plus nous apprenons à la connaître.

Comment passer du temps avec Dieu ?

Nous venons de dire que ce n’est pas seulement en lisant la Bible, alors comment passer du temps avec lui ?

Même le fait d’écouter une prédication, cela ne permet pas forcément de faire connaissance avec lui.

Écouter des heures de prédications, de conférences, d’enseignement ou lire plusieurs chapitres de la Bible par jour, cela ne permet pas forcément de connaître Dieu personnellement.

Alors comment faire ?

Je suis pasteur mais je ne suis pas détenteur de secrets, de mystères ou d’une sagesse particulière. Je ne suis pas plus illuminé que vous. Je suis un simple lecteur de la Bible, la Parole de Dieu.

Alors je vous propose de voir ensemble ce que cette Parole nous enseigne à propos de la connaissance de Jésus.

Je vous propose de lire dans l’Évangile selon Luc, au chapitre 9, les versets 1 à 9. Nous lirons plus tard la suite, mais dans un premier temps, nous prenons les versets 1 à 9.

1 Jésus rassembla les douze [apôtres] et leur donna puissance et autorité pour chasser tous les démons et guérir les maladies.
2 Il les envoya proclamer le royaume de Dieu et guérir les malades.
3 «Ne prenez rien pour le voyage, leur dit-il, ni bâtons, ni sac, ni pain, ni argent, et n’ayez pas deux chemises [chacun].
4 Quelle que soit la maison où vous entrez, restez-y, et c’est de là que vous partirez. 5 Si l’on ne vous accueille pas, sortez de cette ville et secouez la poussière de vos pieds en témoignage contre eux.»
6 Ils partirent et allèrent de village en village; ils annonçaient la bonne nouvelle et faisaient partout des guérisons.///
7 Hérode le tétrarque entendit parler de tout ce qui se passait; il ne savait que penser, car les uns disaient que Jean était ressuscité,
8 d’autres qu’Elie était apparu et d’autres qu’un des prophètes d’autrefois était ressuscité.
9 Mais Hérode disait: «J’ai fait décapiter Jean. Qui donc est cet homme à propos duquel j’entends dire de telles choses?» et il cherchait à le voir.

Ce récit fait suite à d’autres passages de la Bible où Jésus enseigne et fait des miracles.

Il a choisi les 12 apôtres pour les former. Plus tard, ce sont eux qui vont construire l’Église. Non pas le bâtiment, mais la communauté. Ce sont eux aussi qui vont rédiger, avec leurs collaborateurs, des lettres qui constitueront le Nouveau Testament.

Dans notre récit, vient le moment où Jésus les envoie en stage ou en apprentissage, si l’on reprend des termes d’aujourd’hui.

[1. Les apôtres en stage]

Jésus commence par les rassembler, puis il leur donne puissance et autorité pour chasser tous les démons et guérir les maladies.

Mais il ne les envoie pas seulement pour faire des miracles. Leur première mission, en tout cas celle qui est mentionnée en premier, c’est de proclamer le royaume de Dieu. Vient ensuite la guérison des malades.

Les miracles accompagnent l’enseignement, mais c’est l’annonce du royaume qui est premier.

Pour ce faire, ils doivent partir deux par deux, et ne pas prendre de vêtements de rechange, ni de nourriture, ni même d’argent.

Les rabbis itinérants de l’époque vivaient un peu comme cela. Ils voyageaient et ils étaient reçus dans les maisons pour être hébergés et nourris.

Jésus leur demande de partir délibérément sans rien. Ils doivent compter sur le fait que Dieu pourvoira à leurs besoins à travers l’hospitalité de la population.

Lorsque notre vie est au service de Dieu, lorsqu’il nous appelle à vivre avec lui et pour lui, nos pensées doivent être fixées sur lui avant tout et non pas sur d’autres considérations matérielles et terrestres.

Cela rejoint cette parole de Jésus, que nous avons au chapitre 12 : « cherchez d’abord le royaume de Dieu, et tout le reste vous sera donné en plus ». Dans le chapitre 12, Jésus nous invite à ne pas nous inquiéter. Tant que nous cherchons d’abord son royaume et sa justice, soyons en paix, il s’occupe de nous.

Les apôtres sont appelés à expérimenter cela pendant un certain temps. Le temps de leur mission, ils seront logés et nourris par ceux que le seigneur leur mettra sur la route.

Cependant, si dans un village ils ne sont pas accueillis à cause de leur enseignement, ils ne doivent pas insister, mais juste partir en secouant la poussière de leurs pieds en témoignage contre eux.

À l’époque, les juifs secouaient la poussière de leurs pieds lorsqu’ils quittaient une terre païenne, c’est-à-dire un territoire non Juif. Ce geste marquait la rupture : on n’a rien à voir avec ces gens-là.

Ce que demande Jésus est donc un geste très fort, même provocateur. Un Juif qui quitte un village Juif en secouant la poussière de ses pieds, cela signifie qu’il considère ce village comme étant païen, non Juif.

Jésus fait comprendre aux apôtres que son enseignement est la continuité, et même la réalisation, des prophéties de la Torah.

Ceux qui refusent de voire en Jésus l’accomplissement des promesses de Dieu, c’est comme s’ils négligeaient les écris des prophètes, leurs propres ancêtres.

Jésus n’est pas venu créer une nouvelle religion, il vient poursuivre la révélation de Dieu pour son peuple.

On peut noter que si Jésus leur a demandé de faire ce geste, c’est parce que dans certains villages, les habitants refuseront d’accueillir les apôtres malgré les miracles. Lorsqu’une personne ne veut rien entendre, elle n’entendra rien.

La fin de ce premier passage se termine de manière très étrange.

Ce texte parle de l’envoi des apôtres en stage, en mission. Pourquoi Hérode apparaît-il à ce moment-là ?

Il nous est dit qu’il s’interrogeait sur la personne de Jésus.

7b les uns disaient que Jean était ressuscité, 8 d’autres qu’Elie était apparu et d’autres qu’un des prophètes d’autrefois était ressuscité.

Pourquoi parler d’Hérode, le gouverneur, juste à ce moment-là ?

C’est parce que l’auteur veut nous montrer que les apôtres sont en train d’apprendre à connaître Jésus en le servant, alors qu’Hérode est en train de s’interroger sur qui est Jésus, mais il n’apprend pas à le connaître. Et s’il dit vouloir le voir, c’est pour assouvir sa curiosité, plus que pour écouter le message de Jésus.

En résumé, alors qu’ils sont en mission, les apôtres sont en train d’apprendre à connaître Jésus. C’est souvent dans le service pour Dieu que l’on apprend à le connaître. C’est lorsque nous cherchons d’abord son royaume et sa justice, lorsque nous cherchons à proclamer et annoncer la Bonne Nouvelle. Nous apprenons ainsi à connaître Jésus.

Je vous invite à poursuivre la lecture. À première vue, nous pouvons avoir l’impression que ce qui suit concerne un autre sujet, mais en réalité, c’est la continuité.

Nous lisons maintenant, toujours dans le chapitre 9, les versets 10 à 17 :

10 A leur retour, les apôtres racontèrent à Jésus tout ce qu’ils avaient fait. Il les prit avec lui et se retira à l’écart, du côté d’une ville appelée Bethsaïda.
11 Mais les gens l’apprirent et le suivirent. Jésus les accueillit; il leur parlait du royaume de Dieu et il guérissait ceux qui en avaient besoin.
12 Comme le jour commençait à baisser, les douze s’approchèrent et lui dirent: «Renvoie la foule, afin qu’elle aille dans les villages et dans les campagnes des environs pour se loger et pour trouver de quoi manger, car nous sommes ici dans un endroit désert.»
13 Mais Jésus leur dit: «Donnez-leur vous-mêmes à manger!» Ils répondirent: «Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons, à moins d’aller nous-mêmes acheter des vivres pour tout ce peuple.» 14 En effet, il y avait environ 5000 hommes. Jésus dit à ses disciples: «Faites-les asseoir par groupes de 50.»///
15 C’est ce qu’ils firent, et tout le monde s’assit.
16 Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel et les bénit. Puis il les rompit et les donna aux disciples afin qu’ils les distribuent à la foule. 17 Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient.

[2. La suite du stage]

Il me semble que ce passage ne relate rien d’autre que la suite du stage…

Les apôtres reviennent de leur mission et ils racontent ce qu’ils ont vécu à Jésus. Ils font une sorte de rapport de stage.

Jésus les prend avec lui et il se met à l’écart, comme s’il voulait leur révéler quelque chose à eux spécifiquement.

Mais voilà qu’une foule se joint à eux.

Que fait Jésus ?

Il change de plan, il reporte son projet, et il accueille la foule.

On peut noter la capacité de Jésus à être interrompu pour s’occuper du peuple.

Personnellement je n’aime pas être interrompu, surtout quand j’ai des idées en tête ou lorsque je suis en train de travailler sur l’ordinateur, c’est peut-être l’une des choses que j’aime le moins.

Jésus a interrompu son projet de se mettre à l’écart et il accueille la foule, une foule nombreuse puisqu’il est question de 5000 hommes, sans compter les femmes, les enfants et les personnes âgées.

Que fait-il avec elle ?

Verset 11 : « il leur parlait du royaume de Dieu et il guérissait ceux qui en avaient besoin. »

Il fait exactement les mêmes choses que les apôtres qu’il a envoyés : proclamer le royaume et guérir les malades.

Les apôtres sont maintenant avec lui, ils apprennent à ses côtés en voyant le maître agir.

Mais la nuit tombe et il faut s’occuper de la logistique, il faut trouver des logements et de la nourriture.

C’est intéressant, car pendant leur mission, ils n’avaient pas à se soucier de logement et de nourriture. Mais maintenant qu’ils sont revenus auprès de Jésus, ils se soucient des besoins matériels.

Jésus, en bon pédagogue, leur demande alors de donner eux-mêmes à manger à la foule.

À ce moment-là ils ne voient pas de solution viable.

Ils n’ont que 5 pains et 2 poissons, humainement parlant, cela ne suffit pas pour tout le monde.
Il y a aussi la possibilité d’aller acheter de la nourriture pour tout le monde, mais c’est trop cher et ce n’est certainement pas possible étant donné la quantité.

D’un point de vue humain, il n’est pas possible de nourrir toute cette foule, mais avec Jésus tout est possible.

Jésus demande aux apôtres de faire asseoir la foule et de partager les 5 pains et 2 poissons. Il y en a pour tous, il en reste même 12 paniers.

Ce chiffre 12 est symbolique, il y a 12 tribus d’Israël ainsi que 12 apôtres qui vont construire l’Église, le peuple de Dieu.

Avec ces 12 paniers, on peut encore nourrir beaucoup de monde. 12 représente le peuple de Dieu. Ce peuple peut encore s’agrandir et il va s’agrandit, car les non Juifs y seront intégrés. Les disciples de Jésus vont continuer de proclamer le royaume et de guérir des malades.

On peut noter qu’avec ce miracle, les apôtres ont encore appris à connaître Jésus. Ils ont appris qu’avec lui tout est possible, même lorsque notre raison nous dit le contraire.

Je vous propose de boucler la boucle avec la suite, il s’agit des versets 18 à 20 :

18 Un jour, Jésus priait à l’écart et ses disciples étaient avec lui. Il leur posa cette question: «Qui suis-je, d’après les foules?»
19 Ils répondirent: «D’après les uns, Jean-Baptiste; d’après certains, Elie; d’après d’autres, un des prophètes d’autrefois qui est ressuscité.»
20 «Et d’après vous, qui suis-je?» leur demanda-t-il. Pierre répondit: «Le Messie de Dieu.»

Ce passage reprend beaucoup d’éléments des deux paragraphes précédents. Il est question de l’identité de Jésus. À l’issue du stage, de la mission, les apôtres connaissent-ils Jésus ?

[3. À l’issue du stage, les apôtres connaissent-ils Jésus ?]

Ce sera mon troisième et dernier point.

On peut noter que ce passage commence par Jésus qui souhaite se mettre à l’écart avec ses disciples. Cela commence exactement comme le paragraphe précédent, lorsque Jésus veut se mettre à l’écart avec les apôtres, mais la foule est interrompt.

Ici Jésus reprend le cours de sa formation, il les amène à l’écart, il prie avec eux, et leur demande qui il est.

Les premières réponses sont exactement les mêmes réponses que celles du gouverneur Hérode, au début du chapitre.

Les gens disent que Jésus est Jean-Baptiste, ou Elie, ou un autre prophète revenu à la vie.

« Mais pour vous, qui suis-je ? » Demande Jésus.

Pierre répond alors :

« Le messie de Dieu ».

Ça y est. Après être parti en mission, après avoir passé du temps avec lui, après l’avoir servi et fait sa volonté, après l’avoir vu défier la logique humaine, ils savent vraiment qui est Jésus.

Le verset 18 mentionne bien que Jésus priait et que ses disciples étaient avec lui. Je pense qu’il y a un lien direct entre la prière et la connaissance de Jésus. Jésus a prié pour eux et ils ont certainement prié aussi.

Connaître Jésus, ce n’est possible que si Dieu nous le fait connaître, c’est surnaturel, c’est l’action du Saint-Esprit.

Dans l’Évangile selon Matthieu, au chapitre 16 verset 17, nous avons le même événement qui nous est raconté, mais nous avons une petite info supplémentaire. Lorsque Pierre répond que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, Jésus lui répond ceci :

« Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car ce n’est pas une pensée humaine qui t’a révélé cela, mais c’est mon Père céleste. »

Nous pouvons connaître Jésus lorsque le Père nous le fait connaître. Cette connexion a lieu dans la prière, dans l’obéissance, dans le service pour Dieu. Connaître Jésus est aussi une question de foi.

C’est par la foi que les apôtres sont partis en mission sans rien, ils avaient foi que Dieu prendrai soin d’eux. C’est par la foi qu’ils ont obéi et distribué les 5 pains et 2 poissons à plus de 5000 hommes. C’est par la foi qu’ils ont pu reconnaître Jésus comme le Messie, le Fils de Dieu.

Pour conclure, revenons à la question du début. Connaissez-vous Dieu ?

[Conclusion]

Avez-vous eu cette révélation de sa part, comme quoi Jésus est bien le fils de Dieu ?

La confession de foi de l’apôtre Pierre marque le début d’une belle relation. Une relation de confiance qui nous donne l’assurance que Dieu prend soin de nous.

Nous aussi, en confessant sincèrement que Jésus est bien le Messie, le Fils de Dieu, cela marque le début d’une relation. Nous n’avons pas à nous soucier avant tout des aspects logistiques de notre vie. C’est important, ne négligeons pas le matériel, mais cela reste secondaire.

Notre première préoccupation, c’est celle de servir Dieu, lui obéir, annoncer le royaume. Ce royaume est la promesse que notre vie se poursuivra auprès de lui. C’est une merveilleuse nouvelle et c’est pour cela qu’elle doit être partagée à tout prix.

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