Un temps pour tout

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Comment vous  êtes-vous réveillé ce matin ? Votre horloge interne est-elle programmée pour vous réveiller à heures fixes, ou avez-vous besoin d’un réveil ? Pour ma part j’ai habituellement besoin d’un réveil pour me lever le matin. C’est d’ailleurs un son que je ne trouve pas très agréable. Heureusement, depuis quelque temps, mes enfants me servent de réveil. En fait ils viennent me réveiller avant que le réveil sonne, c’est plus agréable que le son d’un réveil.

Je fais partie des gens qui ont du mal à se lever. Une fois levé il n’y a plus de problème, en fait c’est le passage du sommeil au réveil qui m’est difficile. Mais il y a un temps pour tout. Il y a un temps pour dormir et un temps pour l’activité. Un temps pour se reposer et un temps pour travailler. C’est le thème de ma prédication d’aujourd’hui : « il y a un temps pour tout ». Cette phrase nous vient de l’Ecclésiaste, l’un des auteurs de l’Ancien Testament.

L’Ecclésiaste est aussi appelé Qohelet en hébreu, il désigne simplement celui qui s’adresse à une assemblée. La semaine dernière nous avons commencé à lire le début de son livre, qui fait partie des littératures de sagesse.

Pour résumer en quelques mots ce que nous avons vu dans les deux premiers chapitres, le livre commence par cette affirmation : sous le soleil, tout n’est que fumé, tout n’est qu’éphémère.

On avait remarqué que l’ecclésiaste utilisait souvent l’expression : « sous le soleil ».

  • Sous le soleil, la vie est insignifiante.
  • Sous le soleil, la connaissance est insignifiante.
  • Et sous le soleil, les plaisirs de la vie sont insignifiants.

Tout n’est que fumé, tout passera, à quoi bon ?

S’il insiste tant pour dire que tout est insignifiant sous le soleil, c’est pour nous faire comprendre que si l’on regarde la vie simplement sous l’angle terrestre, alors la vie n’a pas vraiment de sens.

Pour connaître le sens réel des évènements, il faut donc regarder non pas sous le soleil, mais au-dessus du soleil.

Et au-dessus du soleil, il y a Dieu (c’est une manière imagée de parler). Si l’on tient compte de la présence de Dieu dans notre vie, alors notre regard sur notre existence ne sera plus la même. Le sens de notre vie est dévoilé.

Dans la suite de sa réflexion, l’ecclésiaste en vient à parler du temps, c’est ce que nous allons maintenant aborder. Il met en évidence qu’il y a un temps pour tout.

Lisons le chapitre 3, versets 1 à 15 :

1 Il y a un moment pour tout et un temps pour toute activité sous le ciel:
2 un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté, 3 un temps pour tuer et un temps pour guérir, un temps pour démolir et un temps pour construire, 4 un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser, 5 un temps pour lancer des pierres et un temps pour en ramasser, un temps pour embrasser et un temps pour s’éloigner des embrassades, 6 un temps pour chercher et un temps pour perdre, un temps pour garder et un temps pour jeter, 7 un temps pour déchirer et un temps pour coudre, un temps pour se taire et un temps pour parler, 8 un temps pour aimer et un temps pour détester, un temps pour la guerre et un temps pour la paix. 9, Mais quel avantage celui qui agit retire-t-il de la peine qu’il se donne? 10 J’ai vu quelle occupation Dieu réserve aux humains. 11 Il fait toute chose belle au moment voulu. Il a même mis dans leur cœur la pensée de l’éternité, même si l’homme ne peut pas comprendre l’œuvre que Dieu accomplit du début à la fin. 12 J’ai reconnu que leur seul bonheur consiste à se réjouir et à bien agir pendant leur vie,
13 et que, si un homme mange, boit et prend du plaisir dans tout son travail, c’est un cadeau de Dieu.
14 J’ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours, sans qu’on puisse ajouter ou enlever quoi que ce soit, et que Dieu agit de cette manière afin qu’on éprouve de la crainte devant lui.
15 Ce qui existe a déjà existé, tout comme ce qui existera, et Dieu ramène ce qui est passé.

Dans ce texte, on voit clairement deux parties, deux étapes dans le discours de l’ecclésiaste. Commençons par les versets 1 à 8 où il écrit un poème sur le temps. Il met en évidence qu’il y a un temps pour tout. C’est la première étape de son discours.

[1. Il y a un temps pour tout]

Dès le premier verset, l’ecclésiaste annonce la couleur : il y a un temps pour tout, il y a un moment spécifique pour chaque activité sous le ciel.

Ensuite, il énonce 14 paires d’activités. À chaque fois, il annonce une action et l’action inverse. Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir : première paire. Il y a un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté : deuxième paire. Etc.

En tout il y a 14 paires. Si j’insiste sur ce nombre, c’est parce que ce n’est pas un hasard. Si l’on observe bien chaque paire d’activités, on voit qu’elles peuvent être regroupées deux par deux. Par exemple, si on prend les deux premières paires :

Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir.
Il y a un temps pour planter et un temps pour arracher.

Ces deux premières paires ont un rapport avec la vie et la mort : naître et mourir, planter et arracher.

Si on continue la liste, on peut à chaque fois regrouper les paires deux par deux parce qu’elles font référence à une même chose.

Comme il y a 14 paires et qu’on peut les regrouper deux par deux, il y a donc en tout 7 fois deux paires. Dans la Bible, 7 est un chiffre qui revient régulièrement, il désigne souvent ce qui est entier, ce qui est plein, la plénitude.

L’ecclésiaste commence par dire qu’il y a un temps pour tout, et ensuite il énonce 7 fois deux paires d’activités pour dire qu’il y a un temps pour vraiment tout. Ce poème est très structuré.

Regardons maintenant plus en détail chaque groupe de paires, observons les paires deux par deux.

Pour les deux premiers, on a déjà évoqué qu’ils faisaient référence à la vie et à la mort. Un temps pour naître et pour mourir, un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté. Regardons les deux paires suivantes au verset 3 :

Il y a un temps pour tuer et un temps pour guérir.
Il y a un temps pour démolir et un temps pour construire.

Ces termes font peut-être référence à des images militaires.

Il y a un temps pour mener des guerres, pour tuer et démolir, tout comme il y a un temps pour arrêter la guerre : soigner, guérir et reconstruire.

Ensuite, verset 4 :

Il y a un temps pour pleurer et un temps pour rire.
Il y a un temps pour se lamenter et un temps pour danser.

Ces actions font référence aux peines et aux joies de la vie. La vie est faite de tristesse, mais aussi de moment de joie.

Ensuite, verset 5 :

Il y a un temps pour lancer des pierres et un temps pour ramasser les pierres.
Il y a un temps pour embrasser et un temps pour s’éloigner des embrassades.

Ces actions font référence à l’hostilité et à la paix.

Jeter des pierres et s’éloigner des embrassades, ce sont des signes d’hostilité.
Ramasser les pierres et s’embrasser, ce sont des signes de paix.///

Ensuite, verset 6 :

Il y a un temps pour chercher et un temps pour perdre.
Il y a un temps pour garder et un temps pour jeter.

Ici l’ecclésiaste parle des biens matériels que nous possédons.

Il y a un temps pour chercher et garder les choses, il y a aussi un temps pour les perdre, pour s’en débarrasser.

Ensuite, verset 7 :

Il y a un temps pour déchirer et un temps pour coudre.
Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler.

Qu’est-ce que ces deux paires ont en commun ?

Déchirer et coudre… se taire et parler ?

À l’époque de l’ecclésiaste, lorsqu’on était dans le deuil, on déchirait ses vêtements et on se réfugiait dans le silence, on se taisait. L’ecclésiaste parle donc probablement de deuil.

Il y a un temps pour faire le deuil, et un temps pour recommencer à vivre.

Et enfin, dernier groupe de paires, verset 8 :

Il y a un temps pour aimer et un temps pour détester.
Il y a un temps pour la guerre et un temps pour la paix.

Ici l’ecclésiaste parle peut-être des relations. Dans la vie il y a des conflits et il y a des réconciliations.

Ces 7 groupes que nous venons de voir évoquent tout ce que l’on peut vivre dans une vie.

Il y a un temps pour toutes ces choses.

Je précise que Dieu n’est pas forcément d’accord avec tout ce qui arrive dans le monde.
Lorsque l’Ecclésiaste parle de guerre et de conflits dans les relations, il ne fait que relever que cela fait partie de la vie, cela ne signifie pas que ce soient des bonnes choses.

Mais au final, où veut-il en venir ?

L’Ecclésiaste termine son poème en posant cette question au verset 9 :

« Mais quel avantage celui qui agit retire-t-il de la peine qu’il se donne? »

Autrement dit : à quoi bon ?

La vie se résume-t-elle à des moments de réjouissance et des épreuves ?

La vie se résume-t-elle à ce que nous vivons sur terre ? Travaille-t-on juste pour quelques jours de vacances par ans à la montagne ou au bord de la mer ? Peine-t-on toute la semaine juste pour un petit moment de détente le week-end ? (Et encore.)

Il n’y a aucun mal à se détendre, mais est-ce notre raison d’être ? La vie n’est-elle qu’une succession de hauts et de bas ?

En plus, la majorité des personnes du monde ont bien plus de bas que de hauts.

L’Ecclésiaste revient souvent sur la question du sens de la vie : à quoi bon ?

Voici, non pas la réponse, mais ses réflexions à ce sujet : après avoir relevé qu’il y a un temps pour tout. Dans un deuxième temps, il va souligner que tout vient de Dieu dans un but précis.

Il y a un temps pour tout, et tout vient de Dieu.

[2. Tout vient de Dieu]

Lorsque je dis que tout vient de Dieu, je provoque un peu, c’est une manière de dire que tout fait partie du plan de Dieu.

En réalité, l’Ecclésiaste ne dit pas vraiment que tout vient de Dieu, au verset 11 il écrit :

« Il fait toute chose belle au moment voulu. »

Dieu a un plan et dans ce plan, il fait arriver les belles choses aux moments qu’il a fixés.
L’auteur met en avant que ce sont les belles choses qui viennent de Dieu.

Mais cela sous-entend quand même que dans notre vie terrestre, il n’y a pas que de belles choses.

Parfois nous avons du mal à accepter qu’il y ait un temps pour tout.

Parfois nous souhaiterions que certaines choses n’aient pas de fin, mais elles doivent quand même cesser un jour.

À l’inverse, parfois on aimerait que certaines choses cessent, mais ce n’est pas encore le moment décidé par Dieu.

Pour être plus concret, on peut penser à nos Églises.

Dans les Églises, il y a des habitudes, des pratiques, des rituels, des activités. Sachant qu’il y a un temps pour tout, y aurait-il des choses à arrêter ou au contraire, à consolider ou à démarrer ?

Autre exemple, nous avons des traditions sur la manière de célébrer le culte. Faut-il consolider nos pratiques ou les faire évoluer ?

Ce ne sont pas des questions faciles et je ne vise rien en particulier en disant cela. Mais il faut parfois se poser ces questions, car les modes de vie et les besoins de nos contemporains évoluent. Y a-t-il des pratiques à adapter pour rendre la parole de Dieu plus accessible ?

N’oublions pas que l’Église n’est pas destinée à être une sorte de club qui doit répondre à nos critères personnels, mais elle est une source de rayonnement et d’édification pour un très large public.

Les traditions, nous y sommes attachées affectivement et nous ne sommes donc pas toujours objectifs là-dessus.

Mais il y a un temps pour tout, il faut parfois se demander s’il est temps de passer à autre chose… Ou s’il est temps de poursuivre ce qui a été mis en place.

Dans la vie nous avons parfois du mal à accepter des changements. L’ecclésiaste nous affirme que les différents temps de notre vie viennent de Dieu.

S’il agit de cette manière, avec des changements successifs, c’est afin qu’on le craigne.

Verset 14 : « J’ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours, sans qu’on puisse ajouter ou enlever quoi que ce soit, et que Dieu agit de cette manière afin qu’on éprouve de la crainte devant lui. »

La crainte de Dieu fait partie des expressions qu’il convient de bien expliquer, car Dieu ne guide pas ses enfants par la peur, mais par la foi. Craindre Dieu signifie le respecter et le suivre, tout comme un enfant devrait respecter et écouter ses parents.

Je trouve tout de même intéressant que la crainte apparaisse dans ce texte, car l’être humain a bien des craintes.

Lorsque nous sommes face à un risque, nous avons une certaine crainte. Lorsqu’une personne perd son travail, elle pourrait craindre la précarité. Lorsque nous prenons la voiture dans des lieux où les gens conduisent de manière nerveuse, nous faisons attention, car nous craignons le risque d’accident.

L’être humain a des craintes et nous cherchons parfois à apaiser nos craintes grâce à ce qui nous rassure, ce que nous connaissons bien.

Mais la vie est faite de changements et ce n’est pas rassurant. Les déménagements, les changements d’étude, changements de travail, changement de voisins, changement dans la configuration du foyer, changements dans l’Église, changements dans le quotidien du couple, etc.

Les changements peuvent nous faire peur, car nous nous attachons à des repères, et lorsque ces repères changent, cela peut nous déstabiliser, nous inquiéter.

Mais l’Ecclésiaste dit bien qu’il y a un temps pour tout, les choses peuvent changer en mal ou en bien. Cependant, Dieu a un plan avec de belles choses en réserve.

Cherchons donc à nous appuyer sur lui, lui qui ne change pas, lui qui dirige l’univers entier, lui qui existe depuis tout temps.

Je pense que c’est ce que l’Ecclésiaste veut mettre en avant lorsqu’il parle de crainte. Au lieu de craindre les pertes de repère, craignons plutôt Dieu.

Autrement dit, au lieu de s’appuyer sur des choses temporelles et éphémères, appuyons-nous sur le Seigneur.

Si l’on résume, ici il n’a pas vraiment répondu à la question : à quoi bon ? Quel est le sens des différents temps de notre vie ? Il n’a pas donné la réponse, mais il nous invite à nous poser la question en prenant en compte l’existence de Dieu.

Pour terminer, j’aimerais relever un dernier point que l’ecclésiaste souligne au verset 11.

[Conclusion]

Dieu a mis dans le cœur de l’homme la pensée de l’éternité.

L’homme sait très bien que lorsque sa vie terrestre prend fin, ce n’est pas la fin de toutes choses.

Il y a quelque chose après la mort. La vie ne se résume pas à ce que nous connaissons sur terre et heureusement.

La vie après la mort, c’est aussi un temps dans lequel Dieu nous invite à entrer. C’est ce que le Seigneur nous révèle en particulier à travers Jésus dans le Nouveau Testament, lui qui a vaincu la mort.

En attendant cette vie après la mort, en attendant la fin de toutes nos peines, sachons vivre et accepter les temps par lesquelles Dieu nous fait passer. Reposons-nous sur lui en ayant l’assurance qu’il fait arriver toutes belles choses au bon moment.

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