Des questions en temps d’épreuve… (Job 23)

Job s’est posé beaucoup de questions à des moments où il ne comprenait plus ce qui se passait dans sa vie et autour de lui. Tout comme nous pouvons être un peu dévariés par la situation actuelle en France et dans le monde. Et même au-delà de l’épidémie actuelle, il vous est probablement déjà arrivé de vous sentir complètement démunis face à une épreuve. Un examen raté, une persécution, la perte d’un travail, une rupture, la perte d’un proche, une santé défaillante…

Dans ces moments d’épreuve, nous ne savons parfois plus que faire, que dire, que penser. Peut-être même que nous ne savons même pas si un jour nous retrouverons une joie de vivre. Parfois face à une épreuve, on se dit que c’est fini, rien ne sera plus jamais comme avant…

Et peut-être que dans ces moments difficiles, il nous arrive de nous demander : où est Dieu, que fait-il, est-il vraiment tout-puissant ? Voici l’histoire d’un homme dont la vie a basculé du jour au lendemain :

Job était un homme riche, et il était juste, il ne pratiquait pas le mal. Dieu lui-même s’en vantait devant Satan. Celui-ci a donc lancé un défi à Dieu. Il a prétendu que si Job était un homme si fidèle à Dieu, c’est parce qu’il est comblé : il est riche, il a une femme et des enfants. Il a tout ce qu’il faut. À ses dires, tout se passe bien pour Job, il est donc facile d’honorer Dieu dans ces conditions. Par contre, si le malheur le touche, il maudirait Dieu et il ne serait plus fidèle à lui. Pour prouver que Satan a tort, Dieu l’autorise à porter atteinte aux biens de Job, à sa famille, et même à sa santé.

Très vite, Job perd tout ce qu’il possède : sa famille, ses richesses, sa santé. Il se retrouve dans une situation misérable et dans une grande détresse. Trois de ses amis viennent alors le voir et le soutenir. Ils commencent par compatir avec lui dans le silence. Ensuite, ils l’encouragent. Mais malgré les encouragements, Job se plaint, alors ils l’avertissent. Ils l’avertissent en lui disant : « Fais attention Job, ce sont les méchants qui se plaignent, et Dieu punit les méchants. »

Mais Job continue de se plaindre, alors ses amis commencent à l’accuser : « écoute, si tu souffres, c’est parce que tu as péché. » Comment Job a-t-il réagi face à cette accusation ? Je vous invite à lire sa réaction dans le livre de Job, au chapitre 23.

1 Job prit la parole et dit: 2 «Aujourd’hui encore ma plainte est synonyme de révolte, ma main doit étouffer mes gémissements.
3 Si seulement je savais où le trouver, si je pouvais arriver jusqu’à son lieu de résidence!
4 Je défendrais ma cause devant lui, je remplirais ma bouche d’arguments,
5 je connaîtrais ses réponses, je pourrais comprendre ce qu’il a à me dire. 6 Emploierait-il toute sa force à me combattre? Lui au moins, ne ferait-il pas attention à moi?
7 Ce serait un homme droit qui discuterait avec lui et je serais pour toujours absous par mon juge.
8 »Cependant, si je vais à l’est, il n’y est pas. Si je vais à l’ouest, je ne l’aperçois pas.
9 Est-il occupé au nord, je ne le remarque pas. Se cache-t-il au sud, je ne le vois pas. 10 Il sait néanmoins quelle voie j’ai suivie. Quand il m’aura mis à l’épreuve, je sortirai pur comme l’or:
11 mon pied s’est attaché à ses pas, j’ai gardé sa voie sans en dévier,
12 je n’ai pas abandonné les commandements sortis de ses lèvres, j’ai fait plier ma volonté aux paroles de sa bouche.
13 »Mais sa décision est prise. Qui pourra l’y faire renoncer? Ce qu’il désire, il le met en oeuvre.
14 Il accomplira donc ses intentions envers moi, et il en a bien d’autres en réserve.
15 Voilà pourquoi je suis terrifié en sa présence. Quand j’y réfléchis, j’ai peur de lui. 16 Dieu a brisé mon courage, le Tout-Puissant m’a rempli de terreur,
17 mais je n’ai pas été anéanti par les ténèbres, par l’obscurité qui m’a recouvert.

Dans ce passage, Job réagit à l’accusation de ses amis : « si tu souffres, c’est parce que tu as péché ». Mais chose étrange, Job ne s’adresse ni à ses amis, ni à Dieu, ici il réfléchit à haute voix sur sa souffrance et sur Dieu. Il se pose des questions… Tout d’abord, Job est révolté et il cherche Dieu.

1. Job est révolté et il cherche Dieu.

Où est Dieu ? (Versets 3 et 4)

3 Si seulement je savais où le trouver, si je pouvais arriver jusqu’à son lieu de résidence!
4 Je défendrais ma cause devant lui, je remplirais ma bouche d’arguments.

Dieu ne se manifeste pas, alors Job s’acharne, il veut obtenir des explications sur sa souffrance. Devant la souffrance il réclame des réponses. Vous avez remarqué : souvent c’est dans les moments où l’on a le plus besoin de Dieu que l’on ressent le plus grand silence de sa part. Ici Job veut être confronté à Dieu, il veut défendre sa cause et il veut entendre ce que Dieu a à lui dire, il sait que Dieu est bon :

6 Emploierait-il toute sa force à me combattre? Lui au moins, ne ferait-il pas attention à moi?

Job est persuadé de sa droiture, il est persuadé que Dieu fera attention à lui. Job est juste, donc Dieu agira en sa faveur. Le problème, c’est qu’il ne trouve pas Dieu :

8 Cependant, si je vais à l’est, il n’y est pas. Si je vais à l’ouest, je ne l’aperçois pas.
9 Est-il occupé au nord, je ne le remarque pas. Se cache-t-il au sud, je ne le vois pas.

Bien sûr c’est une image, Job n’a pas parcouru la terre entière. Par contre, il a cherché Dieu dans la prière, dans le questionnement, avec persévérance, mais il ne l’a pas trouvé. Face à ce silence de la part de Dieu, Job continue quand même à s’accrocher, il sait que Dieu connaît sa situation.

10 Il sait néanmoins quelle voie j’ai suivie. Quand il m’aura mis à l’épreuve, je sortirai pur comme l’or:
11 mon pied s’est attaché à ses pas, j’ai gardé sa voie sans en dévier,
12 je n’ai pas abandonné les commandements sortis de ses lèvres, j’ai fait plier ma volonté aux paroles de sa bouche.

On peut noter des petites incohérences dans le discours de Job. En fait Job tâtonne, il ne sait pas trop quoi penser.

D’une part, il cherche Dieu : « si seulement je lui apprenais ce qu’il m’arrive, il me viendrait en aide. »
D’autre part, il sait que Dieu connaît déjà sa situation : (v. 10) « Il sait néanmoins quelle voie j’ai suivie», il connaît ma détresse…  D’où cette 2e interrogation :

2. Pourquoi ne fait-il rien ?

Job est désorienté, d’autant plus qu’il sait que Dieu est souverain, que Dieu contrôle tout.

13 »Mais sa décision est prise. Qui pourra l’y faire renoncer? Ce qu’il désire, il le met en oeuvre.
14 Il accomplira donc ses intentions envers moi, et il en a bien d’autres en réserve.

Job reconnaît la souveraineté de Dieu. « Ce que Dieu désire, il le met en oeuvre. » Si effectivement Job a raison et que Dieu est tout-puissant, cela signifie que, quelles que soient nos épreuves aujourd’hui, quelles que soient nos difficultés, rien n’échappe à Dieu. Mais si Dieu contrôle tout, alors pourquoi ne fait-il rien pour Job ? De plus, si Job est juste et que Dieu le sait, pourquoi n’intervient-il pas ?

Job s’attend à une intervention de Dieu. Depuis le début, tout nous laisse entendre que Dieu va intervenir.

  • Job est juste devant Dieu. Le narrateur du livre nous le confirme par ailleurs et Dieu aussi au début du livre.
  • Dieu est bon et juste.
  • Dieu sait que Job est juste.
  • Dieu contrôle tout.

D’après ces affirmations, on pourrait s’attendre à une intervention de Dieu. Mais il ne fait rien. Cela signifie-t-il que dans sa souveraineté Dieu envoie le malheur à Job sans raison ? Dieu serait-il un Dieu arbitraire ? Non, c’est impossible, car Dieu est bon et juste. D’accord, mais s’il est bon, pourquoi dans sa souveraineté ne fait-il rien en faveur de Job ? Job ne cherche même pas à être rétabli, il cherche juste des explications. Il est troublé, Dieu peut-il être à la fois bon, juste et souverain ?

3. Dieu peut-il être à la fois bon, juste et souverain ?

Si Dieu est bon et souverain, pourquoi la souffrance ? Dieu serait-il bon sans être souverain ou serait-il souverain sans être bon ?

En se posant toutes ces questions, Job est effrayé, c’est sa conception même de Dieu qui est ébranlée. Nous le découvrons au verset 15 :

15 Voilà pourquoi je suis terrifié en sa présence. Quand j’y réfléchis, j’ai peur de lui. 

Dieu est-il Dieu ? C’est la question à laquelle Job arrive après avoir réfléchi, et il a peur parce qu’il commence à douter que Dieu est Dieu. Comment faire tenir ensemble la bonté, la justice et la souveraineté de Dieu lorsque ce même Dieu est silencieux face à la souffrance du juste ? Job se dit que sa conception de Dieu n’est pas compatible avec ce qui lui arrive. Dieu ne peut pas agir de cette façon, il ne peut pas le laisser dans le gouffre.

Que fait Dieu face à la souffrance ? Où est Dieu lorsque je souffre ? Lorsque le monde souffre ? Pourquoi ne fait-il rien ? Si Dieu est bon, pourquoi ne me vient-il pas en aide ? Est-il souverain ? Finalement, existe-t-il ?

Voici un élément de réponse à nos questions :

En fait, un élément manquait dans le raisonnement de Job : celui-ci ignorait totalement qu’il faisait l’objet d’un test, d’une épreuve. Souvenez-vous, au tout début de l’histoire, détaillé au chapitre 1, Dieu parle à Satan et il se vante de la fidélité de Job : « regarde Satan, as-tu vu comment mon serviteur Job est fidèle ? »

Et Satan a prétendu que si Job était un homme si fidèle, c’est parce que tout va bien pour lui, il est comblé. Quand tout va bien, c’est facile d’honorer Dieu. Par contre, si le malheur le touche, il maudira Dieu et il ne sera plus aussi juste.

Pour contredire cette affirmation, Dieu a permis que Job soit éprouvé. Satan s’est attaqué à Job, à ses biens, sa famille, sa santé, c’est ce qui explique ses malheurs. Mais Satan n’a jamais rien pu faire en dehors de la souveraineté de Dieu.

Seulement Job ne sait pas tout cela, nous nous le savons, le lecteur le sait, mais Job restera sans le savoir, et Dieu ne va pas le lui révéler. La seule chose que Dieu fera comprendre à Job c’est qu’il y a des coulisses que l’homme ne peut pas connaître. Dieu intervient bien plus tard, à partir du chapitre 38, je vous lis quelques extraits et je pense que nous pouvons aussi nous laisser interpeller par ces paroles de Dieu :

« Où étais-tu quand je fondais la terre ? Dis-le, si tu es si intelligent. Qui en a fixé les mesures, le sais-tu ? (…) As-tu, un seul de tes jours,  commandé au matin ? Sais-tu par quelles lois le ciel est gouverné ? Est-ce toi qui donnes à la terre l’ordre qui la dirige ? »

« Le donneur de leçons va-t-il chercher querelle au Tout-Puissant ? Celui qui critique Dieu a-t-il une réponse à tout cela ? »

D’après ces versets, Dieu tient tout dans ses mains, il maintient tout l’univers dans son fonctionnement et l’homme ne peut pas comprendre tous les mécanismes. L’homme ne peut pas se prendre pour Dieu et son intelligence ne lui permettra pas de tout comprendre. Job se pose la question : si Dieu est bon, juste et souverain, pourquoi je souffre ?

La réponse de Dieu sera la suivante : « Je suis Dieu ».

Dieu est Dieu, et l’homme ne peut pas comprendre tous les mécanismes du fonctionnement de l’univers. Dieu est bon, juste et souverain même si l’on ne peut pas comprendre comment cela est compatible avec la souffrance, il y a certaines raisons qui nous sont inaccessibles. Notre attitude doit être de reconnaître notre juste place de simple créature et de faire confiance à Dieu qui est souverain.

Conclusion

Pour conclure, n’oublions pas que quelqu’un a souffert plus que tout autre homme pour nous délivrer des souffrances terrestres. Jésus a été trahi et abandonné par ses amis le jour de son procès, il a été condamné à mort alors qu’il était le seul à être totalement juste. Il a été torturé, cloué sur une croix, il a subi la colère de Dieu à notre place à cause de nos fautes.

S’il a souffert ainsi, c’est pour nous offrir gratuitement une place au ciel auprès de Dieu. Là où la mort ne sera plus, là où il n’y aura plus de malheur, plus de guerre, plus de coronavirus, plus de deuil, ni pleur, ni cri, ni souffrance.

Prière

Notre Père, merci de nous rappeler que tu es souverain et nous pouvons compter sur toi. Merci car tu nous as préparé une place dans un monde meilleur, un monde sans souffrance.

En attendant ce Nouveau Monde, aide-nous à te faire confiance, à persévérer dans la foi, à t’aimer et aimer notre prochain.

Nous te prions pour toutes les personnes touchées par l’épidémie, que tu leur viennes en aide.  Nous te prions pour notre pays et pour le monde, que ta grâce soit abondante et nous savons que tu es bienveillant, même si nous ne comprenons pas toujours ce qui arrive.

Nous te prions pour notre communauté en ce temps de confinement, veille sur notre communion fraternelle et notre témoignage d’Église.

Au nom de Jésus, amen.

2 réponses sur “Des questions en temps d’épreuve… (Job 23)”

    1. Ce matin dans mon « pèlerinage de lecture biblique », j’ai fait une halte au psaumes 94 et 95, là aussi il est question de souveraineté de Dieu et de silence… Bonne lecture et bonne méditation.
      Confiez-vous en Dieu (sans oublier les gestes de précaution)

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