La plus importante des paraboles (Marc 4.1-20)

Version audio ici

Ce matin j’ai hésité sur le choix du texte de la prédication. En ce moment je prêche essentiellement sur les textes de l’Évangile selon Marc, et nous arrivons au chapitre 4, avec la parabole que l’on appelle : la parabole du semeur.

Une parabole est une histoire imaginaire qui illustre une ou plusieurs vérités.
Jésus parlait beaucoup en paraboles

J’ai hésité à prendre ce texte, car j’ai prêché sur cette même parabole le 31 janvier 2021, lorsque nous suivions l’Évangile selon Luc.

En effet, cette parabole est présente dans 3 des 4 Évangiles. Elle n’est pas retranscrite exactement de la même manière, mais c’est la même parabole.

Pour me décider à faire mon choix, je me suis dit : si je ne trouve rien de nouveau qui m’interpelle personnellement, si c’est pour écrire les mêmes choses qu’en 2021, alors je ne prêcherai pas dessus.

Ensuite j’ai relu le texte, et j’ai lu un petit livret que j’ai trouvé sur Marc.

La parabole du semeur est un texte que j’ai dû lire ou entendre plus d’une centaine de fois, et une fois de plus, je me suis laissé interpellé à nouveau par son enseignement.

En y repensant, c’était quand même prétentieux de me dire que je savais déjà tout du texte. Pourtant, je sais bien que nous pouvons lire et relire la Bible, nous découvrirons toujours une parole vivante.

Je vous propose donc maintenant de lire cette parabole :

1 Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord du lac. La foule se rassembla autour de lui, si nombreuse qu’il monta dans une barque où il s’assit, sur le lac. Toute la foule était à terre sur le rivage.
2 Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles. Il leur disait dans son enseignement:

3 «Ecoutez! Un semeur sortit pour semer. 4 Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin; les oiseaux vinrent et la mangèrent.
5 Une autre partie tomba dans un sol pierreux, où elle n’avait pas beaucoup de terre; elle leva aussitôt, parce qu’elle ne trouva pas un terrain profond,
6, mais quand le soleil parut, elle fut brûlée et sécha, faute de racines. 7 Une autre partie tomba parmi les ronces; les ronces poussèrent et l’étouffèrent, et elle ne donna pas de fruit. 8 Une autre partie tomba dans la bonne terre; elle donna du fruit qui montait et se développait, avec un rapport de 30, 60 ou 100 pour 1.»

9 Puis il dit: «Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.» 10 Lorsqu’il fut seul avec eux, ceux qui l’entouraient avec les douze l’interrogèrent sur cette parabole.
11 Il leur dit: «C’est à vous qu’il a été donné de connaître le mystère du royaume de Dieu, mais pour ceux qui sont à l’extérieur tout est présenté en paraboles,
12 afin qu’en regardant ils regardent et ne voient pas, et qu’en entendant ils entendent et ne comprennent pas, de peur qu’ils ne se convertissent et que leurs péchés ne soient pardonnés.»

13 Il leur dit encore: «Vous ne comprenez pas cette parabole? Comment donc comprendrez-vous toutes les autres?
14 Le semeur sème la parole. 15 Certains sont le long du chemin où la parole est semée: dès qu’ils l’ont entendue, Satan vient et enlève la parole qui a été semée en eux.
16 De même, d’autres reçoivent la semence dans un sol pierreux: quand ils entendent la parole, ils l’acceptent aussitôt avec joie, 17, mais ils n’ont pas de racines en eux-mêmes, ils sont les hommes d’un moment et, dès que surviennent les difficultés ou la persécution à cause de la parole, ils trébuchent.

18 D’autres encore reçoivent la semence parmi les ronces: ils entendent la parole, 19, mais les préoccupations de ce monde, l’attrait trompeur des richesses et les passions en tout genre pénètrent en eux, étouffent la parole et la rendent infructueuse.
20 D’autres enfin reçoivent la semence dans la bonne terre: ce sont ceux qui entendent la parole, l’accueillent et portent du fruit, avec un rapport de 30, 60 ou 100 pour 1.»

Le premier point que j’aimerais aborder, c’est que nous avons à faire ici à la plus importante des paraboles !

[1. La plus importante des paraboles !]

Avez-vous remarqué que Jésus présente cette parabole comme étant la plus importante ?

Il dit au verset 13 : « Vous ne comprenez pas cette parabole? Comment donc comprendrez-vous toutes les autres ? »

Autrement dit, si l’on ne comprend pas cette parabole, ce sera compliqué de comprendre toutes les autres.

Pourquoi mettre un tel accent sur cette histoire de semeur et de terrain ?

Parce que cette parabole concerne la réception et l’écoute de la Parole de Dieu.

Jésus démarre son histoire ainsi au verset 3 : « Écoutez ».
C’est le premier mot que Jésus prononce pour introduire.

Jésus attire l’attention de ses auditeurs, il veut leur écoute, leur concentration, leur disponibilité.

Nous vivons à une époque où notre écoute, notre concentration et notre disponibilité sont volatiles. Nous recevons des appels téléphoniques, des mails, des messages, des Whats’app, des relances.

Nous avons du mal à être disponibles d’esprit, c’est le cas pour moi en tout cas.

Notre attention est tellement sursollicitée, que les réalisateurs de séries télé ont pour consigne de faire sans cesse répéter les intrigues aux acteurs. Parce que les producteurs de séries savent que les gens font autre chose devant l’écran. Ils répondent à des messages sur le téléphone, ou parfois même, regardent une autre vidéo sur le téléphone, en même temps que la série.

Les gens se disent hyperactifs, mais en réalité, ils ne savent plus se concentrer longtemps sur une seule tâche et s’ennuient vite.

Les articles de journaux font à peine quelques dizaines de mots puisqu’il faut pouvoir lire vite pour s’informer rapidement.

Dans ce contexte de concentration volatile, Jésus nous interpelle aujourd’hui : écoutez.

Prenez vraiment le temps d’écouter, de comprendre, de méditer.

Il commence par demander d’écouter, et il termine la parabole au verset 9 en disant :

« Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. »

Évidemment, il ne s’agit pas seulement d’entendre, mais d’écouter, de recevoir, de comprendre et de vivre selon ce que nous entendons.

On peut passer des heures, de mois, des années, des décennies à étudier la Bible. On peut vivre des expériences extraordinaires dans la foi. Voir des miracles ou ressentir la présence de Dieu. Mais cela ne fait pas tout.

Le risque, c’est de rester en surface, alors que la parole de Dieu doit produire des fruits. C’est cette vérité que la parabole enseigne.

Après que Jésus ait raconté l’histoire, les disciples demandent à Jésus de l’expliquer. Et dans son explication des versets 14 à 20, chacune de ses phrases contient le mot « parole ».

14 Le semeur sème la parole15 Certains sont le long du chemin où la parole est semée: dès qu’ils l’ont entendue, Satan vient et enlève la parole qui a été semée en eux.
16 De même, d’autres reçoivent la semence dans un sol pierreux: quand ils entendent la parole, ils l’acceptent aussitôt avec joie, 17, mais ils n’ont pas de racines en eux-mêmes, ils sont les hommes d’un moment et, dès que surviennent les difficultés ou la persécution à cause de la parole, ils trébuchent.

18 D’autres encore reçoivent la semence parmi les ronces: ils entendent la parole19, mais les préoccupations de ce monde, l’attrait trompeur des richesses et les passions en tout genre pénètrent en eux, étouffent la parole et la rendent infructueuse.
20 D’autres enfin reçoivent la semence dans la bonne terre: ce sont ceux qui entendent la parole, l’accueillent et portent du fruit, avec un rapport de 30, 60 ou 100 pour 1.»

Par cette parabole, Jésus nous invite à être à l’écoute de sa Parole, la Parole de Dieu.

Partout où il allait, Jésus enseignait. Et les gens l’accueillaient de toutes sortes de manières. Les foules se bousculaient pour aller le voir, mais il faisait aussi face à de l’opposition.

C’est mon deuxième point :

[2. L’opposition à laquelle Jésus fait face]

Beaucoup de gens étaient curieux d’aller écouter Jésus ou d’assister à ses miracles, mais tous ne le reçoivent pas de la même manière.

Cette parabole parle de 4 sortes de cœurs humains.

Tour d’abord, il y a le cœur dur.

La graine ne tombe même pas sur de la terre, mais sur le long du chemin. Ce type de cœur est un cœur dur comme de la pierre, qui ne laisse rien pénétrer.

Une telle personne entend la Parole de Dieu, mais cette parole se volatilise, Satan vient et enlève cette parole sans aucune difficulté.

Quand on parle de cœur dur, on pense à quelqu’un d’insensible, quelqu’un sans cœur justement.

Mais ici, le cœur dur, c’est le terrain qui n’est même pas un terrain, c’est le long du chemin. Le cœur dur, ce n’est pas forcément une personne sans cœur. C’est une personne indifférente à la parole de Dieu, une personne qui prend à peine le temps d’écouter ce que dit Dieu, et surtout une personne qui refuse la Parole avant même de chercher à comprendre.

Ensuite, il y a le cœur superficiel.

La graine tombe sur un sol pierreux, là où les racines ne peuvent pas être profondes.

Dans un premier temps, le cœur superficiel reçoit favorablement la Parole de Dieu. Il y a de la joie et de la découverte. Mais dès que la première difficulté survient, ou dès la première distraction, il passe à autre chose.

Le cœur superficiel avance tant que c’est facile. Mais dès qu’une difficulté survient, il laisse tomber.

C’est un peu comme un apprenti musicien. Au début il achète l’instrument, c’est super, il est tout joli. Il prend des cours, le prof de musique est gentil, il découvre les bases, il progresse rapidement. Mais dès que le niveau augmente, dès qu’il se rend compte qu’il faut travailler, persévérer, faire face à des difficultés ; il abandonne.

On peut aussi prendre l’exemple des relations, des amitiés, des couples, de la vie d’Église, de la foi en Jésus. Le moment de la découverte est toujours un moment enthousiasmant, tout est beau, c’est nouveau, on voit surtout le positif.

Mais comme pour toutes choses, surtout en ce qui concerne les relations, cela exige de la persévérance, de passer par des moments difficiles, parfois des incompréhensions et des doutes.

Jésus évoque même des persécutions à cause de la Parole de Dieu.

Alors à quoi bon ?

À quoi bon nous proposer un Évangile joyeux, qui libère et qui pardonne, si c’est pour ensuite passer par des épreuves ?

C’est parce que le but n’est pas la tranquillité, mais la croissance. L’image de la graine qui donne des fruits est très parlante. La graine doit croître, et la croissance peut passer par l’épreuve.

Quand un couple a su surmonter des difficultés, quand un groupe a fait face ensemble à des épreuves, tout le monde ressort plus fort, et les liens se renforcent davantage.

Cependant, le cœur superficiel ne persévère pas. À la moindre difficulté, au moindre grain de poussière dans les rouages, il abandonne.

Ensuite, nous avons le cœur trop plein.

La graine tombe sur un terrain déjà occupé par des ronces.

La parole est bien reçue, la graine commence même à pousser, et forme des racines.

Mais la plante pousse au milieu des ronces, et ces ronces finissent par étouffer la plante.

Ces ronces qui occupent déjà le terrain, ce sont les préoccupations dit Jésus. Pas seulement les préoccupations inquiétantes, mais aussi les préoccupations de richesse, ainsi que les passions.

Le cœur trop plein, c’est un cœur qui fait cohabiter la foi en Jésus avec d’autres priorités.  À un moment donné, ces autres priorités étouffent la foi en Jésus.

Ce qui est vicieux, c’est que ces priorités peuvent être louables : le désir de guérir d’une maladie, le travail, les biens matériels, le temps passé à faire le bien.

Jésus ne dit pas que ces personnes qui ont le cœur trop plein n’ont pas la foi, mais elles ne donnent pas l’occasion à la Parole de porter du fruit en eux.

Les fruits de sont pas des œuvres, mais ce sont caractères changés, des personnalités et des personnes transformées par l’Évangile.

Enfin, le quatrième cœur est le cœur ouvert, c’est le seul qui en vaille la peine.

La graine, la bonne semence tombe dans la bonne terre. La graine peut d’épanouir, grandit et porter du fruit.

Jésus annonce que les plantes peuvent porter du fruit avec des rapports de 30,60 ou 100 pour un.

L’important n’est pas la quantité, mais la qualité et même la présence de ces fruits dans nos vies.

Depuis le début, nous disons qu’il faut écouter, comprendre et vivre ce que la parole de Dieu nous demande de vivre.

Mais comment comprendre après avoir écouté ? D’autant plus que Jésus nous dit qu’il enseigne avec des paraboles justement pour pas que tout le monde comprenne !

C’est ma conclusion :

[Conclusion : comment comprendre ?]

Lorsqu’on lui demande pourquoi il enseigne en parabole,  répond : pour pas que tout le monde comprenne !

Relisons les versets 10 à 12 :

10 Lorsqu’il fut seul avec eux, ceux qui l’entouraient avec les douze l’interrogèrent sur cette parabole.
11 Il leur dit: «C’est à vous qu’il a été donné de connaître le mystère du royaume de Dieu, mais pour ceux qui sont à l’extérieur tout est présenté en paraboles,
12 afin qu’en regardant ils regardent et ne voient pas, et qu’en entendant ils entendent et ne comprennent pas, de peur qu’ils ne se convertissent et que leurs péchés ne soient pardonnés.»

Dieu serait-il un peu exclusif ? Jésus souhaite-t-il éviter que les gens se tournent vers lui ?

Évidemment, non.

Dans ces versets que je viens de lire, Jésus annonce qu’il  a deux types de personnes : « ceux du dehors, qui ne comprennent pas et qui rejettent donc le message, et ceux du dedans, qui peuvent avoir du mal à comprendre, mais qui demandent de l’aide auprès de Jésus ».

Les paraboles ne sont pas accessibles par l’intelligence, mais par l’ouverture du cœur. C’est le cœur ouvert qui accueille la graine et la laisse grandir pour porter du fruit.

Le cœur ouvert ne comprend pas toujours tout, mais il est ouvert, il cherche, il pose des questions à Dieu quand il ne comprend pas.

Le cœur ouvert a soif de Dieu, il a soif d’en savoir plus, de vivre par la foi, alors il demande l’aide de Jésus pour cela, tout comme les disciples demandent à Jésus de leur expliquer la parabole.

Jésus leur répond : « c’est à vous que cela est révélé », vous qui voulez savoir, vous qui avez le cœur ouvert et qui cherchez des réponses auprès de moi.

Que Dieu nous donne un cœur ouvert. N’ayons pas le cœur dur qui rejette la parole de Dieu, ni un cœur superficiel qui ne persévère pas, ou un cœur trop plein, qui risque d’étouffer la parole de Dieu en nous.

Que notre cœur soit ouvert et toujours en recherche de Dieu, pour porter du fruit, c’est-à-dire, une vie qui manifeste la présence de Dieu en nous.

Un fruit est le produit d’une plante, qui est le produit d’une graine. Les fruits se voient, ils donnent d’autres graines qui donnent entre d’autres graines.

Que notre vie soit abondante de ce que Dieu produit en nous, cela peut être des œuvres issues de notre foi, des fruits de notre témoignage, mais aussi des fruits spirituels comme l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité à Dieu, la douceur et la maîtrise de soi.

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