Sur qui peut-on compter ?( Genèse 21.1-21)

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Sur qui peut-on compter ? Si c’est le pasteur qui pose cette question, la réponse attendue est certainement : Jésus. Mais je pense que dans notre vie de tous les jours, nous comptons aussi sur d’autres personnes, des personnes de notre famille, des proches, des amis, des frères et sœurs dans la foi.

Pendant toute mon enfance et mon adolescence, j’étais dépendant de mes parents et je comptais sur eux. Même si les rapports ont changé depuis que j’ai quitté la maison, je sais que je peux encore compter sur eux pour beaucoup de choses.

Ce week-end les parents d’Aude, ma femme, sont venus nous rendre visite depuis la Suisse. Nous sommes contents de les voir et de les recevoir, et nous sommes aussi contents de pouvoir leur laisser les enfants quelques moments dans la journée pour respirer un peu. Ce n’est pas que les enfants nous étouffent, au contraire, c’est une joie de nous occuper d’eux, mais cela demande souvent beaucoup d’énergie physique et émotionnelle.

C’est un exemple parmi d’autres. Dans ma vie de tous les jours, je sais que je peux compter sur Dieu, c’est sûr, mais aussi sur des personnes.

Compter sur Dieu est un privilège, mais c’est souvent plus facile à dire qu’à faire. Peut-être pas pour tous les croyants, mais pour Abraham, l’ancêtre du peuple juif, il y a eu des hauts et des bas.

Dans l’une de nos séries de prédications, nous suivons l’histoire d’Abraham, l’ancêtre du peuple juif. Dieu a voulu se former un peuple et il a choisi la lignée d’Abraham pour cela.

Quelle est la première chose que Dieu lui a demandée ? « Quitte ton pays, ta patrie et ta famille, va à l’endroit que je t’indiquerai et je ferai de toi une grande nation. Ta descendance sera une source de bénédiction pour toutes les familles de la terre. » (Paraphrase.)

Autrement dit : « Quitte tout ce que tu as, en particulier ta patrie et ta famille, va parcourir le désert et ne compte plus que sur moi, tu verras, tu ne seras pas déçu. »

À ce moment-là Abraham était déjà marié et il ne dépendait plus de ses parents, mais il vivait encore parmi les siens. Dieu lui dit bien en Genèse 12 : « Quitte ton pays, ta patrie et ta famille ». Son Père avait déjà quitté son pays d’origine et il s’était installé à Charan, là où Abraham habitait lorsque Dieu l’a appelé.

Suite à l’appel de Dieu, Abraham obéit et il part. Il s’éloigne de sa famille, il ne peut plus compter que sur Dieu. Son épouse est avec lui, ainsi que son neveu et ses serviteurs, mais il est quand même déraciné, coupé de sa patrie.

Et tout au long de son parcours, il n’arrive pas à compter entièrement sur le Seigneur. Il a bien la foi, mais une foi parfois un peu hésitante.

À deux reprises, il fait passer sa femme pour sa sœur parce qu’il avait peur d’être tué malgré les promesses de Dieu à son égard. Sa femme était très belle et il avait peur qu’on le tue pour la lui prendre.

L’histoire d’Abraham est surtout marquée par l’attente d’un enfant. Dieu lui a promis une descendance, mais sa femme était stérile. À force d’attendre, alors qu’Abraham avait 86 ans, sa femme Sarah lui suggère de faire un enfant avec Agar, sa propre servante. Cette union donne naissance à Ismaël. C’était une pratique qui pouvait avoir lieu à l’époque. Cela ne signifie pas que Dieu approuvait, mais cela se pratiquait.

D’ailleurs, Dieu lui fait comprendre que ce n’est pas Ismaël l’enfant promis. Il faut encore attendre. Abraham et Sarah ont du mal à croire, car le couple est âgé. Abraham approche des 100 ans et Sarah des 90 ans. Mais Dieu rappelle sa promesse à plusieurs reprises et le couple s’y accroche. Nous arrivons maintenant au texte qui raconte enfin la réalisation de cette promesse. Il s’agit du récit de la naissance de l’enfant promis. C’est dans le livre de la Genèse, au chapitre 21, les versets 1 à 21.

1 L’Eternel intervint en faveur de Sara comme il l’avait dit, il accomplit pour elle ce qu’il avait promis:
2 Sara tomba enceinte et donna un fils à Abraham dans sa vieillesse, au moment fixé dont Dieu lui avait parlé.
3 Abraham appela Isaac le fils qui lui était né, que Sara lui avait donné.
4 Il circoncit son fils Isaac lorsqu’il fut âgé de 8 jours, comme Dieu le lui avait ordonné.
5 Abraham était âgé de 100 ans à la naissance de son fils Isaac. 6 Sara dit: «Dieu m’a donné un sujet de rire et tous ceux qui l’apprendront riront de moi.»
7 Elle ajouta: «Qui aurait osé dire à Abraham: ‘Sara allaitera des enfants?’ Pourtant, je lui ai donné un fils dans sa vieillesse.»
8 L’enfant grandit et fut sevré. Abraham fit un grand festin le jour où Isaac fut sevré. 9 Sara vit rire le fils que l’Égyptienne Agar avait donné à Abraham.
10 Alors elle dit à Abraham: *«Chasse cette esclave et son fils, car le fils de cette esclave n’héritera pas avec mon fils, avec Isaac.»
11 Cette parole déplut beaucoup à Abraham parce que c’était son fils.
12 Cependant, Dieu dit à Abraham: «Que cela ne te déplaise pas à cause de l’enfant et de ton esclave. Quoi que te dise Sara, écoute-la, car *c’est par Isaac qu’une descendance te sera assurée.
13 Je ferai aussi une nation du fils de l’esclave, car il est ta descendance.»
14 Abraham se leva de bon matin. Il prit du pain et une outre d’eau qu’il donna à Agar et plaça sur son épaule. Il lui remit aussi l’enfant et la renvoya. Elle s’en alla et se perdit dans le désert de Beer-Shéba.
15 Quand l’eau de l’outre fut épuisée, elle laissa l’enfant sous un des arbrisseaux 16 et alla s’asseoir vis-à-vis, à la distance d’une portée d’arc, car elle se disait: «Je ne veux pas voir mourir mon enfant!» Elle s’assit donc vis-à-vis de lui et se mit à pleurer tout haut.
17 Dieu entendit les cris de l’enfant. L’ange de Dieu appela Agar depuis le ciel et lui dit: «Qu’as-tu, Agar? N’aie pas peur, car Dieu a entendu les cris de l’enfant là où il se trouve.
18 Lève-toi, relève l’enfant et tiens-le par la main, car je ferai de lui une grande nation.» 19 Dieu lui ouvrit les yeux et elle vit un puits. Elle alla remplir l’outre d’eau et donna à boire à l’enfant.
20 Dieu fut avec l’enfant. Celui-ci grandit, habita dans le désert et devint tireur à l’arc. 21 Il s’installa dans le désert de Paran et sa mère prit pour lui une femme égyptienne.

Ce récit est surprenant, car c’est un passage qui aurait dû être marqué par la joie de la naissance, mais cette joie laisse vite la place à un déchirement : Agar et Ismaël sont chassés dans le désert.

Le premier point que je veux relever, c’est que nous pouvons compter sur Dieu même quand les circonstances sont défavorables.

1. Nous pouvons compter sur Dieu même quand les circonstances sont défavorables

Abraham était très âgé, Sarah était stérile. Humainement parlant, ce couple ne pouvait plus espérer avoir d’enfant. Mais le miracle se produit.

Ce qui me frappe dans ce récit, c’est la simplicité. La naissance est racontée en deux versets, c’est très sobre. C’est même un peu décevant pour le lecteur qui lit l’histoire d’Abraham depuis le début. Pendant près de 10 chapitres, il y a un suspens. Quand est-ce que l’enfant va naître ? Pratiquement tout le parcours d’Abraham est rythmé par cette attente et cette promesse qui tarde à s’accomplir.

Dans la plupart des romans ou des films au cinéma, on a généralement la trame suivante. On nous présente une situation de départ, les personnages vivent leur vie plus ou moins normalement. Très vite, cette situation de départ est dérangée par un élément perturbateur. Par exemple, il y a eu un enlèvement, une bombe va exploser, un tueur en série fait des victimes, l’héroïne féminine tombe amoureuse d’un homme qui sort déjà avec une autre, etc.

Le scénario va consister à présenter au lecteur ou au spectateur comment la problématique va se résoudre. En général, au moment du dénouement, on s’attarde sur la scène victorieuse. Il y a comme une courbe qui monte jusqu’au moment tant attendu. Et quand la scène arrive, c’est spectaculaire. La scène où l’on attrape le méchant, où l’on désamorce la bombe.

Dans l’histoire d’Abraham, on pourrait penser que le dénouement, c’est la naissance de l’enfant, mais ce n’est pas le cas. Le point culminant de l’histoire d’Abraham se trouve à un autre endroit, nous le découvrirons dans un autre chapitre.

 Ici, la scène est présentée de manière très succincte : « L’Eternel intervint en faveur de Sara comme il l’avait dit, il accomplit pour elle ce qu’il avait promis: Sara tomba enceinte et donna un fils à Abraham dans sa vieillesse, au moment fixé dont Dieu lui avait parlé. » 

Pourquoi tant de simplicité ? … Pourquoi si peu de détails ? Parce qu’il n’y a aucune surprise, il n’y a aucun suspens. Tout était déjà prévu. Dieu l’a promis, Dieu le réalise.

Pourquoi être surpris de quelque chose que Dieu a annoncé longtemps à l’avance ? Le texte souligne à trois reprises que c’est un accomplissement prévisible : « L’Eternel intervint en faveur de Sara comme il l’avait dit, il accomplit pour elle ce qu’il avait promis: Sara tomba enceinte et donna un fils à Abraham dans sa vieillesse, au moment fixé dont Dieu lui avait parlé. »

Dieu l’a promis, Dieu l’a fait. Pourquoi s’inquiéter que l’enfant n’arrive pas ? Parce que le couple était âgé ? Parce que Sarah était stérile ? Il n’y avait aucune raison de s’en faire.

Notre nature humaine a tendance à s’inquiéter et à se laisser décourager par les obstacles. Mais Dieu prend soin de ses enfants. Même quand les circonstances sont défavorables, nous pouvons compter sur lui.

En ce moment nous vivons une période défavorable :

  • L’économie nationale est fragilisée,
  • la confiance dans les pouvoirs publics ne s’est pas beaucoup améliorée,
  • il y a une crainte d’une deuxième vague d’épidémie,
  • les évangéliques ont beaucoup été critiqués à cause du grand rassemblement de Mulhouse,
  • nos rencontres doivent respecter des protocoles précis,
  • nous ne savons même pas quand nous allons organiser de nouveau un parcours Alpha,
  • nous avons dû reporter deux baptêmes.

L’énumération de ces circonstances pourrait nous décourager, nous pourrions penser que notre témoignage est comme empêché ou rendu plus difficile, mais ce n’est pas le cas. Si les promesses de Dieu s’accomplissent à tous les coups, alors aucune circonstance défavorable n’empêchera l’Église d’accomplir sa mission de témoigner et de proclamer la Parole de Dieu. Ne soyons pas découragés, mais plutôt encouragés, car rien n’empêche les promesses de Dieu des se réaliser.

À nous de rester attentifs au Saint-Esprit pour suivre sa voie et passer par des chemins par lesquels nous n’aurions peut-être pensé.

Le deuxième point que je souhaite souligner, c’est que nous pouvons compter sur Dieu même quand nous faisons des erreurs.

2. Nous pouvons compter sur Dieu même quand nous faisons des erreurs.

Juste avant que Sarah ne tombe enceinte, Abraham venait de mentir pour la deuxième fois à cause de son manque de confiance. Au chapitre 20, il fait passer sa femme pour sa sœur et il avoue même que c’est par peur d’être tué.

Malgré sa foi hésitante, malgré ses erreurs, Dieu continue de bénir Abraham. Tout simplement parce que Dieu ne fonctionne pas avec nous sur le principe du mérite. L’amour de Dieu est gratuit, le pardon est gratuit, les bénédictions sont gratuites.

En revanche, la gratuité coûte toujours à quelqu’un. Quand vous recevez un cadeau, c’est gratuit pour vous, mais celui qui vous l’offre a payé.

Dans le cas du pardon de Dieu, il est gratuit parce que le fils de Dieu a payé le prix sur la croix. Ainsi, Dieu ne condamne plus le pécheur. Ce cadeau est gratuit, mais nous ne devons pas le mépriser ni le négliger, parce qu’il a coûté très cher et nous en avons besoin.

Au temps d’Abraham, Jésus n’était pas encore né, mais Abraham a pu être béni malgré ses erreurs, car Dieu était justement en train de préparer la solution au problème du péché. C’est de la descendance d’Abraham et d’Isaac que Jésus va naître. C’est lui qui apportera une bénédiction pour toutes les nations de la terre.

C’est grâce à Jésus que nous pouvons recevoir toutes sortes de bénédictions malgré nos erreurs. Dieu n’attend pas que nous méritions son intervention. Nous pouvons compter sur lui, même si nous n’avons pas toujours agi selon sa volonté.

Cela n’est pas une invitation à négliger notre comportement. Au contraire, puisque Dieu paye un grand prix pour nous pardonner, efforçons-nous de respecter le cadeau de sa grâce.

Imaginons que vous avez besoin d’une voiture et que l’un de vos proches se donne du mal pour économiser et vous offrir une voiture. Si vous aimez cette personne, vous n’allez pas vous dire : comme c’est gratuit, ce n’est pas grave si je ne prends pas soin de la voiture, de toute façon elle ne m’a rien coûté.

Au contraire, si vous aimez vraiment la personne qui vous a offert le cadeau, vous allez prendre soin de ce cadeau, même s’il ne vous a rien coûté. Ce cadeau est d’autant plus précieux si vous vous rendez compte que vous en avez besoin.

C’est pareil avec la grâce de Dieu, tout le monde n’en a pas conscience, mais nous avons vraiment besoin de la grâce de Dieu pour le pardon de nos fautes, pour recevoir la vie éternelle.

Ce cadeau est gratuit même si nous avons fait des erreurs, mais ce n’est pas une raison pour continuer intentionnellement de faire des erreurs. Respecter la grâce de Dieu, c’est aimer Dieu et c’est aussi aimer ce qu’il aime.

Enfin, le troisième point que je veux relever, c’est que Dieu prend soin de nous même quand tout le reste du monde nous met à l’écart.

3. Nous pouvons compter sur Dieu même quand tout le reste du monde nous met à l’écart.

Je ne sais pas si Abraham était dans la joie au moment de la naissance de son fils. Le texte ne dit rien sur son état d’esprit. La joie d’accueillir un enfant, il l’a déjà expérimentée avec Ismaël. Il organise bien une fête au moment où l’enfant est sevré, mais c’est aussi parce que c’est la tradition.

Je ne dis pas qu’Abraham n’aime pas son fils, au contraire, la suite de son histoire nous montrera qu’il aimait énormément son fils. Je relève juste que le texte, ici, ne mentionne rien sur les émotions d’Abraham.

En revanche, Sarah exprime sa joie dans les versets 6 et 7. Elle dit qu’elle a un sujet de rire, dans le sens où elle a un sujet de réjouissance.

Si Abraham ne semble pas exprimer d’émotion à la naissance d’Isaac, il manifeste une grande peine quand Sarah lui demande de se séparer d’Ismaël et de sa mère, Agar. En effet, Sarah ne souhaite pas que l’héritage soit partagé.

Laisser son fils être chassé loin de soi, sans certitude de le revoir un jour, c’est un déchirement.

Dans un premier temps, on pourrait penser que Dieu ne veut pas d’Ismaël, car il incite Abraham à faire ce que Sarah demande. C’est ainsi qu’à l’âge de 14 ans, Ismaël est envoyé dans le désert avec Agar, sa mère. Abraham leur donne du pain et une outre d’eau. (Une outre c’est une sorte de très grande gourde faite généralement en peau d’animaux.)

On assiste alors à une scène dramatique. L’eau vient à manquer et la mort est proche. Agar ne veut pas voir son fils mourir de soif, alors elle s’éloigne de lui. Ismaël a peut-être le sentiment d’être doublement abandonné, par son père d’abord, puis par sa mère. Pourtant, ses parents l’aiment, mais il se retrouve dans cette situation dramatique.

Dieu est attentif aux cris du jeune garçon et il permet à sa maman de trouver une source d’eau, un puits. Le texte insiste sur l’attention de Dieu. Il a entendu les cris d’Ismaël et il l’a sauvé. Dieu ne l’a pas rejeté, mais il avait un autre plan pour lui.

Ce récit montre une fois de plus que nous pouvons compter sur Dieu, même quand nous pensons être rejetés de tous.

Peut-être que cela vous arrive de vous sentir différent à cause de votre statut social, de votre santé, de votre situation familiale, de vos origines, de votre physique. Peut-être même que vous vous sentez mis à l’écart par certaines personnes, mais vous ne savez pas pourquoi.

Dieu, lui, ne met personne à l’écart. Il a choisi Abraham et Isaac non pas pour écarter les autres, mais pour constituer une descendance jusqu’à Jésus, afin de bénir toutes les nations de la terre.

Conclusion

Pour conclure, je pense que ce texte nous invite à nous rendre compte de ce que signifie avoir foi en Dieu et compter sur Dieu.

Quels que soient les obstacles, quelles que soient nos erreurs, quel que soit le regard des autres sur nous, même quand nous ne pouvons plus rien attendre de personne, nous pouvons toujours compter sur lui.

Que le Seigneur renouvelle notre joie de lui appartenir, et qu’il renouvelle notre foi, qu’elle puisse être confiante en toute circonstance.

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